L’auditorium de l’Université de Lomé a prêté son cadre, ce mardi 02 décembre, à une journée internationale de partage sur la recherche participative pour les semences paysannes. Cette rencontre stratégique réunissant chercheurs, praticiens et décideurs permet d’échanger sur le rôle vital des semences paysannes face à l’urgence climatique. Elle se tient en prélude à la Foire ouest africaine des semences paysannes (FOASP), prévue du 09 au 11 décembre à Niamtougou. Les participants sont venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.
Organisée en marge de la prestigieuse Foire ouest africaine des semences paysannes (FOASP), cette journée scientifique et de partage s’inscrit dans une démarche concrète de rapprochement entre la recherche universitaire et les praticiens de terrain. Cette synergie répond notamment à la franche collaboration entre le Laboratoire de botanique et écologie végétale (LBEV) de l’Université de Lomé (UL) et l’ONG AREJ (Action réelle sur l’environnement, l’enfance et la jeunesse).

Le professeur Komlan Batawila, 1ᵉʳ vice-président de l’Université de Lomé, également directeur du LBEV, a insisté sur l’importance de cette collaboration et la mise en commun des apports des différents acteurs pour atteindre le même objectif. « Cette journée nous offre l’opportunité unique de réunir dans un même espace scientifique et citoyen, ceux qui produisent la connaissance, ceux qui cultivent la terre et ceux qui façonnent les politiques agricoles. Elle nous rappelle que la recherche ne peut prendre tout son sens que lorsqu’elle se met au service des populations et qu’elle devient véritablement transformative ; lorsque les producteurs eux-mêmes sont associés à sa conception, sa mise en œuvre et à l’évaluation de ces résultats », a-t-il déclaré.
Les thèmes débattus…
Au cœur des échanges, la résilience et l’adaptation des semences aux changements climatiques. Les agriculteurs africains sont confrontés à plusieurs défis affectant leurs rendements dans un contexte de changements climatiques aux conséquences inexprimables. Mahamadou Sanoussi Hassane, directeur de la Fédération des unions des sociétés coopératives du Niger ‘’Mooriben’’ (FUSCN) porte la voix des agriculteurs du Sahel et de l’Afrique à cette rencontre et formule des plaidoyers à l’endroit des décideurs politiques. « Notre plaidoyer, c’est qu’il faudrait que les semences paysannes soient reconnues sur le plan politique. Aujourd’hui, toutes les réglementations dans la sous-région privilégient ce qu’on appelle ‘’les semences certifiées’’ qui sont issues uniquement de la recherche, souvent des occidentaux. Alors que ces semences sont très minimes sur le marché. Or, ce qui assure aujourd’hui la sécurité alimentaire dans nos pays, ce sont les semences paysannes et malheureusement, elles ne sont pas reconnues par les politiques. Et pourtant ces semences sont plus adaptées à nos réalités que les semences certifiées », explique-t-il.

Les attentes des participants…
L’événement jouit d’une forte dimension internationale, réunissant des spécialistes de l’Université de Lomé aux côtés d’experts venus d’autres pays africains et européens. Cette diversité des approches est essentielle pour enrichir le débat et proposer des solutions contextualisées. Elle permet également de revaloriser les pratiques locales adaptées aux changements climatiques et bénéficier des expériences des autres pays participants. « Nous ressortirons tous de cette journée avec plus d’informations sur ce que nous connaissions auparavant et que nous avions, par imprudence, abandonné. Par ailleurs, cette journée vient comme une cerise sur le gâteau pour rehausser l’effort que l’Université de Lomé fait depuis les années 2010 sur la question des ressources alimentaires négligées ou sous-utilisées », a rappelé Dr Fousseni Folega, maître de conférences et coorganisateur de la rencontre à l’Université de Lomé.
À terme, les travaux contribueront à ouvrir de nouvelles pistes de collaboration autour de la préservation, l’amélioration et la diffusion des semences paysannes. En organisant cette rencontre en prélude à la prestigieuse foire ouest africaine des semences paysannes du 09 au 11 décembre à Niamtougou, l’Université de Lomé réaffirme ainsi son rôle de leader dans la recherche appliquée au service de la sécurité alimentaire et de l’adaptation aux défis climatiques en Afrique.





