Université de Lomé : une conférence magistrale sur le droit constitutionnel haïtien et ses particularités

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Université de Lomé : une conférence magistrale sur le droit constitutionnel haïtien et ses particularités

L’Université de Lomé a organisé ce mercredi 26 novembre 2025 à la salle Design de l’UniPod, une conférence sur le thème « Droit constitutionnel haïtien : présentation et particularités ». Coordonnée par la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) et l’École Doctorale Droit, Économie et Gestion (ED731-DEG), cette rencontre a réuni enseignants, chercheurs et étudiants autour d’une figure intellectuelle majeure : Mme Mirlande Hyppolite Manigat, professeure de droit constitutionnel en Haïti.

La cérémonie a débuté par le mot de bienvenue du professeur Essohanam Boko, directeur de la Recherche et de l’Innovation de l’Université de Lomé. Dans son adresse, le professeur a insisté sur l’importance de ces rencontres de haut niveau, nécessaires pour la diffusion du savoir et l’ouverture interdisciplinaire. Il a présenté Haïti comme un laboratoire constitutionnel unique, marqué par une succession de 22 Constitutions depuis 1805, traduisant une recherche constante de stabilité et de légitimité institutionnelle. Par ailleurs, le professeur Boko a mis en avant la valeur des échanges académiques entre Haïti et l’Afrique, qui renforcent la communauté scientifique et ouvrent de nouvelles pistes de coopération. « Haïti représente en effet un laboratoire constitutionnel unique, un exemple rare d’évolution institutionnelle marqué par des ruptures et un dialogue permanent entre norme, acteurs et contexte », a-t-il affirmé.

Dans son allocution, le vice-doyen de la Faculté de droit, Dr Tikonimbé Koupokpa, a défini le droit constitutionnel comme un ensemble de règles organisant le pouvoir politique et garantissant les droits et libertés des citoyens. Le vice-doyen a rappelé l’importance particulière de cette conférence qui permet d’étudier le droit constitutionnel haïtien dans son contexte historique et politique. Il a fait savoir à l’assistance que cette conférence est une opportunité pour les étudiants d’analyser, d’échanger et de découvrir les règles constitutionnelles dans leur contexte politique et institutionnel. « Haïti représente un cas singulier : sa Constitution de 1987 instaure un régime présidentiel avec un président élu au suffrage universel direct, un Premier ministre et un Parlement bicaméral », a-t-il ajouté.

Introduisant la conférence sur le droit constitutionnel animée par la professeure Manigat, le professeur Akodah Ayewoudan a souligné le privilège rare d’accueillir une professeure de ce niveau, dont la bibliographie dense témoigne de son expertise. Il a mis en avant son autorité scientifique, sa rigueur intellectuelle et son intégrité morale, qui font d’elle une figure singulière et inspirante, notamment pour les femmes engagées dans l’université et la politique. « Le parcours du professeur Manigat illustre un savoir académique que l’on doit articuler autour d’un engagement civique. Son autorité scientifique n’est pas à discuter, sa rigueur intellectuelle encore moins, et son intégrité morale fait finalement d’elle une figure singulière dans le paysage haïtien », a-t-il conclu.

Mme Mirlande H. Manigat, professeure d’Université haïtienne en droit constitutionnel, a exprimé sa joie et son émotion d’être accueillie dans un milieu académique qu’elle considère comme « milieu naturel ». Sous sa double casquette de professeure d’université et femme politique, engagée dans l’avenir de son pays, elle a rappelé son parcours académique, son attachement au droit constitutionnel et son implication politique, notamment sa candidature à la présidentielle au cours des élections générales de 2010-2011. Elle a mis en lumière la richesse et la complexité du constitutionnalisme haïtien, marqué par une succession de Constitutions qui reflètent les tensions politiques, les influences étrangères et les aspirations démocratiques du peuple. La professeure a insisté sur l’importance de comprendre la Constitution comme le socle de l’État, organisant les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, et garantissant les droits des citoyens. « Je serai toujours légaliste, c’est-à-dire attachée à rechercher ce que dit la loi sur la construction de l’État et de la société. Si un principe ne convient pas, il faut le changer, mais il faut respecter la loi », a-t-elle précisé. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer l’État de droit et de consolider les institutions démocratiques dans un contexte de fragilité institutionnelle.

Cette conférence-débat a permis de jeter un pont entre les réalités haïtiennes et les réflexions togolaises sur la gouvernance et le droit constitutionnel. Elle s’inscrit pleinement dans la vocation de l’Université de Lomé à être un espace de dialogue intellectuel et comparatif, ouvert sur le monde.

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