La Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) a organisé, ce mercredi 10 décembre 2025, à la salle Coworking de l’UniPod de l’Université de Lomé une conférence sur le thème : « Nouvelles politiques tarifaires américaines : quels enjeux pour l’Afrique subsaharienne et le Togo ? ». Ce thème est d’actualité et déterminant pour la compréhension des mutations économiques mondiales et pour l’anticipation des impacts qui en découleront pour les pays africains.
Face à ces nouveaux défis qui touchent l’ensemble des pays du monde, et plus particulièrement ceux d’Afrique subsaharienne, dont le Togo, il apparaît essentiel de mener une réflexion approfondie sur les implications de ces évolutions et les pistes de solutions envisageables.

Cette conférence vise à présenter et analyser les tendances actuelles de la politique tarifaire américaine, évaluer les effets potentiels de ces transformations sur les économies africaines, avec un accent particulier sur le Togo, identifier les leviers d’adaptation et les instruments de politique commerciale à mobiliser pour tirer parti de ces nouveaux équilibres et réduire les risques qui y sont associés.
Dans son discours officiel d’ouverture Dr. Ama Gameti, directrice de cabinet du ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, représentant son ministre de tutelle, a souligné que ce thème se situe au carrefour de l’économie internationale, de la géopolitique, du développement industriel et de la stratégie nationale. « Cette conférence intervient au moment opportun, car nos universités doivent jouer un rôle capital dans l’élaboration des politiques publiques », a-t-elle déclaré.
Le Directeur de la Recherche et de l’Innovation de l’Université de Lomé (DRI-UL), Prof. Essohanam Boko, représentant du président de l’Université de Lomé, a rappelé que le thème de la conférence s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre la connaissance scientifique et les institutions nationales à l’heure où la politique commerciale américaine se transforme profondément. Il a notamment évoqué un durcissement des conditions d’accès au marché, un regain de protectionnisme stratégique et une révision des préférences accordées aux pays en développement. « Dans le monde actuel, la compréhension des politiques commerciales internationales n’est pas un luxe intellectuel, c’est un impératif stratégique. Cette conférence est une étape importante qui ouvre des perspectives nouvelles pour la réflexion, pour l’action et le partenariat », a-t-il conclu.

La conférence sur les nouvelles politiques tarifaires américaines et leurs enjeux sur l’Afrique subsaharienne a été donnée par le Prof. Akilou Amadou de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Lomé. Dans son intervention, le conférencier a précisé que les États-Unis ont adopté ces derniers mois de nouvelles politiques commerciales marquées par un fort protectionnisme : hausse généralisée des droits de douane, relocalisation industrielle et sanctions appliquées aux pays sans accords préférentiels. Selon le professeur Amadou, ces mesures visent principalement à réduire le déficit commercial américain, devenu très élevé, et à renforcer la compétitivité interne. Toutefois, elles perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales, modifient les prix internationaux et créent une forte incertitude économique. Pour l’Afrique, les conséquences sont importantes. Les exportations africaines vers les États-Unis deviennent plus coûteuses et moins compétitives, ce qui réduit la demande américaine, notamment pour les matières premières, les produits agricoles et certains biens intermédiaires. « Malgré ces défis, l’Afrique dispose d’un potentiel considérable, porté par une croissance démographique rapide qui fera du continent un marché de plus de deux milliards d’habitants en 2050. Cependant, sa participation au commerce mondial demeure marginale. Pour tirer parti des reconfigurations actuelles de l’économie internationale, les pays africains doivent se repositionner, diversifier leurs exportations et renforcer leurs capacités productives. Le Togo, bien que relativement épargné par les effets directs, reste exposé aux impacts indirects liés à la volatilité des prix et aux tensions sur les chaînes de valeur », a affirmé le professeur Amadou.

Pour sa part, le Prof. Akoété Éga Agbodji, directeur de l’École doctorale ED731-DEG, modérateur de la conférence, a expliqué les nouvelles politiques commerciales des États-Unis qui ont bouleversé l’économie mondiale et affectent particulièrement l’Afrique. Ces changements créent à la fois des risques (exclusion commerciale, hausse des coûts) et des opportunités (relocalisation, montée en gamme industrielle). « L’Afrique, portée par une population jeune et nombreuse, doit se positionner stratégiquement pour tirer profit de ces transformations, malgré sa vulnérabilité aux chocs externes, il faudra donc être capable d’éclairer ces enjeux grâce à des recherches sur les politiques économiques et la transformation du continent », a-t-il expliqué.
En conclusion, le message clé de cette conférence est que l’Afrique et en particulier le Togo ne doivent pas subir des transformations globales, ils doivent transformer ces bouleversements en opportunités stratégiques. L’organisation d’une telle conférence à l’Université de Lomé, devant les enseignants-chercheurs et étudiants ne peut qu’y contribuer, dans la mesure où ces deux composantes de la société africaine sont indispensables dans la transmission des connaissances et leur assimilation. A travers ces genres de rencontres scientifiques où les débats contradictoires sont de mise, la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) travaille à faire de l’Université de Lomé un espace où les questions nationales et internationales sont étudiées avec rigueur, profondeur et objectivité.





