L’Institut des sciences de l’information, de la communication et des arts (ISICA) de l’Université de Lomé a organisé, le jeudi 19 mars 2026 à l’auditorium de l’institution, une séance de sensibilisation et de présentation de capsules vidéo animées consacrées à la lutte contre la désinformation en milieu universitaire. Cette rencontre, inscrite dans le cadre d’un partenariat entre l’ISICA et COAWEB/Togocheck avec le soutien de l’Union européenne, a réuni étudiants, enseignants et personnalités de marque autour des enjeux critiques de la vérification de l’information à l’ère du numérique.
La séance s’est ouverte par un mot de bienvenue du professeur Mawussé Kpakpo Akue Adotévi, directeur de l’ISICA, qui a présenté le contexte et les objectifs du projet. Il a souligné que l’initiative s’inscrit dans une dynamique de formation citoyenne visant à doter les étudiants d’outils pratiques pour identifier, analyser et combattre les fausses informations, aussi bien dans leur vie académique que dans leur future carrière professionnelle.

Une projection de capsules vidéo pédagogiques a permis à l’assistance de découvrir le fruit d’un travail collaboratif entre étudiants et enseignants, réalisé avec l’appui technique et financier de l’Union européenne. Ces capsules, conçues pour être diffusées dans le milieu estudiantin, abordent de manière vivante et accessible les mécanismes de la désinformation et les bonnes pratiques pour s’en prémunir.
Des interventions pour éclairer les enjeux
Monsieur Noël Kokou Tadegnon, vice-président de COAWEB/Togocheck, a partagé une analyse approfondie des enjeux de la désinformation en milieu scolaire et de son impact sur la population jeune. Il a insisté sur la banalisation du partage d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux comme WhatsApp, Facebook ou TikTok, soulignant que la désinformation se nourrit souvent d’éléments partiellement vrais, ce qui la rend particulièrement difficile à détecter. « Nous partageons souvent des informations sans les vérifier, simplement parce qu’elles proviennent de proches ou de sources familières », a-t-il relevé, mettant en lumière les mécanismes sociaux qui favorisent la propagation des fausses nouvelles.

Un temps d’échange d’expériences a ensuite permis à madame Sika Gnagniko (COAWEB-Togocheck) et à monsieur Jovial Sodatonou (ISICA) de revenir sur la collaboration fructueuse entre les deux institutions, témoignant de la richesse du travail conjoint entre praticiens des médias et étudiants en formation.
Le professeur Akue Adotévi et monsieur Florent Tiassou, président de Togocheck-COAWEB, ont présenté le bien-fondé du projet et les modalités de diffusion des capsules dans le milieu estudiantin. Le directeur de l’ISICA a rappelé que le défi n’est plus seulement le manque d’information, mais la surabondance de mauvaises informations, rendant indispensable le développement d’un esprit critique chez les jeunes.

L’Union européenne réaffirme son engagement
Prenant la parole, l’ambassadeur Gwilym Ceri Jones, chef de la Délégation de l’Union européenne au Togo, a salué l’initiative et souligné le rôle crucial du journalisme et de la rigueur professionnelle dans la préservation de sociétés démocratiques. Il a invité les étudiants à cultiver la vérification des sources, la contextualisation des faits et l’esprit critique. « La crédibilité est un capital essentiel pour tout journaliste. Une information mal vérifiée peut durablement entacher une réputation », a-t-il averti, tout en insistant sur l’importance de bâtir des relations de confiance avec les sources.
Des échanges nourris et des perspectives encourageantes
La séance s’est poursuivie par un temps d’échanges et de questions-réponses entre les participants et les intervenants, permettant d’approfondir les thématiques abordées et de recueillir les préoccupations des étudiants face aux défis de la désinformation.

À travers cette initiative, l’Université de Lomé réaffirme son engagement à outiller la jeunesse face aux enjeux du numérique. Les capsules vidéo, désormais disponibles, constituent un levier pédagogique innovant pour promouvoir une culture de la vérification de l’information et encourager une utilisation responsable des médias. Les étudiants sont appelés à devenir des relais de sensibilisation, aussi bien sur le campus qu’au sein de leurs communautés, afin de contribuer à freiner la propagation de la désinformation.






