L’Université de Lomé (UL) abrite les 18 et 19 septembre 2025, un colloque international organisé par l’Équipe de Recherche en Littératures de l’Afrique Noire et de la Diaspora (EReLAND) sur le thème « Voix émergentes : le plaidoyer des jeunes et des enfants à travers la littérature et le cinéma ». Cette rencontre ouverte ce jour au CERSA par le directeur de la Recherche et de l’Innovation de l’UL, au nom du président de l’institution, vise à explorer les forces et les apports des voix émergentes dans le plaidoyer des couches vulnérables.
Durant deux jours, les participants au colloque international de la structure de recherche EReLAND exploreront, la contribution et l’efficacité de la littérature et du cinéma de nos jours comme moyens d’expression des jeunes et des enfants victimes des injustices sociales et des systèmes de gouvernance. Face aux injustices subies par les jeunes et les enfants, victimes des inégalités, le cinéma et la littérature, sont perçus, à bien des égards, comme vecteurs d’expression de ces derniers et des défenseurs de leur cause.

« L’Université de Lomé, en accueillant ce colloque, réaffirme son attachement aux valeurs de liberté académique, de créativité intellectuelle et de responsabilité sociale. Ce colloque s’inscrit dans notre volonté de faire de l’université, un lieu de dialogue entre les savoirs scientifiques, les pratiques artistiques et les enjeux citoyens », a déclaré le professeur Essohanam Boko, directeur de la Recherche et de l’Innovation, à l’ouverture du colloque. Une participation des plus hautes autorités de l’Université de Lomé, qui vient confirmer l’importance de la thématique pour l’institution. « Ce dialogue est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, dans un monde traversé par de multiples crises : humanitaires, climatiques, éducatives, politiques. Dans ce contexte, les voix émergentes des jeunes et des enfants ne doivent pas être perçues comme accessoires, mais comme essentielles à la formation de nos sociétés. Elles doivent être entendues, étudiées, valorisées et portées dans les espaces de décision », a-t-il poursuivi.
La pertinence de la thématique face aux enjeux actuels de la société a suscité la participation de chercheurs et experts du Togo, d’autres pays africains, d’Europe, des Caraïbes et d’Asie pour débattre du rôle de la littérature, du cinéma et aussi des outils numériques pour porter les voix émergentes de la jeunesse.

Les participants s’expriment…
Docteur Badjiou Aouia, assistant à l’Université Thomas Sankara du Burkina Faso, a fait le déplacement de Lomé pour prendre part à ce colloque qui revêt à ses yeux une importance capitale. « Le colloque est très important parce qu’il nous permet de comprendre que la littérature, le cinéma sont des miroirs de la société… Ma communication pour ce colloque porte sur les Freedom singers. Quand vous prenez le mouvement des droits civiques aux États-Unis, ce sont les jeunes qui se sont levés et qui ont porté le mouvement à travers des chansons. C’étaient des chansons de mobilisation, de résistance, d’expression de leur peine, mais aussi de mobilisation de la population nord-américaine pour pouvoir s’engager dans la lutte pour l’égalité ». Tout comme lui, Abacar Mamane Sara, doctorant au département d’anglais à l’Université Abdou Moumouni au Niger, participe au colloque. Pour lui, « aujourd’hui, le cinéma est une autre voie pour permettre aux jeunes, aux enfants de s’intégrer socialement et économiquement. Nous allons souligner dans notre communication, quelques points négatifs auxquels nous devons apporter des solutions, car aujourd’hui, nous sommes tous interpellés. Il y a des dynamiques qui sont en train d’infiltrer nos sociétés qu’on ne peut éviter, donc ce qu’il y a lieu de faire, c’est de les accompagner, et c’est sur cet accompagnement que porte ma communication ».

La conférence inaugurale en résumé…
La cérémonie d’ouverture de ce colloque a été suivie d’une conférence inaugurale portant sur le thème : « De la réalité sociale à la fiction engagée : le plaidoyer narratif en littérature et au cinéma ». À travers cette leçon inaugurale, le conférencier, Koffi Kpotchou, professeur titulaire de sociologie, a rappelé l’importance du cinéma et de la littérature dans l’expression des couches les plus vulnérables, surtout les jeunes et les enfants. Ce colloque invite, selon lui, « à universaliser la compassion, à globaliser la justice, à faire de la littérature et du cinéma, non seulement des objets d’étude, mais aussi des outils de transformation sociale ».
Initié en mode hybride, le colloque rassemble trente participants en présentiel et quarante-sept en virtuel.
À travers ce colloque international porté par l’EReLAND, l’Université de Lomé réaffirme son rôle de carrefour intellectuel et citoyen, où les savoirs scientifiques rencontrent les voix artistiques et sociales les plus audacieuses. En mettant en lumière le plaidoyer des jeunes et des enfants à travers la littérature et le cinéma, l’institution démontre son engagement envers une recherche ancrée dans les réalités contemporaines, inclusive et tournée vers la transformation sociale. Ce dialogue entre disciplines, générations et continents illustre la vitalité académique de l’Université de Lomé et sa volonté de faire émerger de nouvelles perspectives pour penser le monde autrement.






