Le Laboratoire d’analyse des mutations politico-juridiques, sociales et économiques (LAMPES) de l’Université de Lomé a tenu, le mercredi 13 mai 2026, une conférence de presse à son siège. Cette rencontre, présidée par le directeur scientifique du LAMPES, Dr Yawo Agbéko Amewu (MC), s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Colloque scientifique international prévu les 10, 11 et 12 juin 2026 sur le thème : « L’Afrique dans la géopolitique internationale : Lumière sur la pensée d’Edem Kodjo »
L’analyse scientifique des mutations politiques et juridiques en Afrique souffre souvent d’un déficit de théorisation endogène. Trop fréquemment, les grilles de lecture appliquées aux trajectoires étatiques africaines procèdent de paradigmes extérieurs, éloignés des réalités historiques locales. C’est pour rompre avec cette dépendance épistémologique que le Laboratoire d’analyse des mutations politico-juridiques, économiques et sociales (LAMPES) de l’Université de Lomé s’est donné pour mission, depuis plus d’une décennie, de revisiter les œuvres majeures des figures intellectuelles du continent, à l’instar de Kwame Nkrumah, Marcien Towa et Stanislas Adotevi. L’œuvre de l’intellectuel et homme politique togolais Edem Kodjo se déploie de manière transversale à la confluence de la philosophie politique, de la diplomatie multilatérale et de la prospective géopolitique.

Le lancement du colloque international intitulé « L’Afrique dans la géopolitique internationale : Lumière sur la pensée d’Edem Kodjo » prévu du 10 au 12 juin 2026, répond à une double exigence : intellectuelle et citoyenne. Cinq grands axes guideront les échanges durant ce colloque : l’Unité africaine entre rêve panafricain et réalités politiques ; les rapports de force mondiaux : lecture géopolitique de l’œuvre de Kodjo ; la souveraineté et multilatéralisme: repositionnement de l’Afrique dans les institutions internationales ; la jeunesse, culture et mémoire ; penser l’avenir : une Afrique actrice de la mondialisation.
Dans son propos introductif, le président du Comité d’organisation, Dr Yawo Agbéko Amewu, a rappelé que ce colloque ne vise pas à célébrer simplement l’homme d’État ou le diplomate qu’était Edem Kodjo, mais à interroger sa pensée politique et intellectuelle. « La pensée de Kodjo est une mine d’or, une clé qui aide à décrypter l’actualité et à comprendre les grands bouleversements géopolitiques », a-t-il souligné.

Le colloque s’inscrit dans la continuité des travaux du LAMPES, qui depuis plus d’une décennie réinvestit la pensée africaine à travers des figures intellectuelles et politiques majeures qui ont marqué l’histoire du continent. L’objectif scientifique majeur de ce colloque en vue est d’interroger la validité conceptuelle des écrits de l’homme politique, universitaire et économiste Edem Kodjo, d’évaluer leur valeur prémonitoire face aux crises actuelles. Par ailleurs, le colloque veut faire une analyse scientifique rigoureuse de la pensée de Kodjo afin d’enrichir la littérature relative à la géopolitique africaine et de déterminer comment sa pensée peut guider la reconstruction de nouveaux paradigmes pour une Afrique actrice et non plus simple spectatrice de la mondialisation.
Sur le plan politique, il est question de formuler des recommandations stratégiques concrètes destinées aux institutions étatiques et continentales (telle que l’Union africaine) pour un repositionnement de l’Afrique au sein des relations internationales interconnectées. Pour ce faire, il convient d’analyser l’œuvre d’Edem Kodjo dans toute sa complexité, d’en déceler les forces, mais aussi les limites historiques ou pragmatiques. Comme l’indique la contribution du Dr. Agnele Lassey (MC), l’analyse des écrits et des témoignages de l’homme d’État révèle un profil de « panafricaniste chevelu » et d’« anti-pessimiste », dont les convictions profondes constituent des données empiriques précieuses pour la recherche historique et la déconstruction des discours afro-pessimistes.

Ce colloque sur Edem Kodjo s’annonce comme une étape importante dans la réflexion sur la place de l’Afrique dans le monde. Héritier critique du panafricanisme, Kodjo a plaidé pour une Afrique forte et actrice de son destin. En revisitant son œuvre, l’Université de Lomé et le LAMPES offrent une plateforme scientifique pour penser l’avenir du continent dans un contexte mondial en recomposition. Comme le souligne le professeur Octave Nicoué Broohm, directeur scientifique émérite du LAMPES, la recherche universitaire a pour vocation première d’éclairer le monde dans sa complexité. À l’objection journalistique récurrente relative au gain immédiatement « concret » d’un tel événement, la communauté scientifique oppose la primauté des idées. La recherche fondamentale et appliquée produit un savoir qui a vocation à être traduit en politiques publiques par les gouvernants.
La réflexion sur la pensée d’Edem Kodjo réunira dans moins d’un mois, les enseignants-chercheurs et chercheurs africains et européens ; les jeunes doctorants et docteurs ; les acteurs de la société civile et du monde politique ; les journalistes et professionnels des médias. A l’issue du colloque, les organisateurs espèrent : une analyse scientifique approfondie de la pensée d’Edem Kodjo ; une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques actuels ; des recommandations pour le repositionnement stratégique de l’Afrique dans les relations internationales ; la publication d’un ouvrage collectif regroupant les meilleures communications.












