La Faculté des Lettres, Langues et Arts (FLLA) de l’Université de Lomé a vibré au rythme de sa rentrée culturelle les 20 et 21 novembre 2025. Durant deux jours, la communauté universitaire a célébré la culture, l’art et les lettres à travers une programmation riche comprenant conférences, cafés littéraires, performances artistiques, expositions et animations culturelles.
L’auditorium de l’Université de Lomé, comble, a accueilli la cérémonie officielle d’ouverture en présence des autorités universitaires, des partenaires et des étudiants. Le Dr Nouhr-Dine Akondo, 2ᵉ vice-doyen de la faculté, a souligné la dimension formative de cet événement. « Nous sommes fermement convaincus que par le moyen des activités culturelles, nous ne tomberons guère dans le divertissement, mais ferons de nos apprenants une terre fertile sur laquelle il faut semer sans relâche une meilleure jeunesse et une meilleure société », a-t-il indiqué, invitant les étudiants à accorder plus d’intérêt à la lecture et aux arts pour cultiver l’ouverture au monde, l’esprit critique, la tolérance et l’idéal d’une société beaucoup plus harmonieuse.

Le professeur Dotsè Yigbe, doyen de la FLLA, a pour sa part défini le rôle essentiel des hommes de lettres dans la société contemporaine : « Notre devoir, c’est de lire les signes des temps et de lancer l’alerte. Le monde change, et c’est à nous d’en saisir les signes et d’en interpréter les implications pour l’Afrique ». Il a salué cette initiative instituée depuis 2022, et qui permet aux étudiants « de sortir des amphithéâtres tout en restant au centre de l’activité pédagogique ».
Conférence et café littéraire : des temps forts appréciés
Entre représentations artistiques et discours, la cérémonie a été marquée par une conférence sur le thème « Théâtre action, éducation à la citoyenneté et dialogue des cultures », animée par Bilal Luca Covino, sous la modération du Dr. Jean Paul Akakpo. Le conférencier a présenté le théâtre action comme un genre théâtral permettant de refléter le vécu quotidien de l’homme et de le transformer de l’intérieur. « Cette forme de théâtre permet de ressortir les vices de nos sociétés et de les corriger ». S’appuyant sur son expérience personnelle en Belgique, il a montré comment cette forme théâtrale permet de briser les clichés et stéréotypes.

Un café littéraire a ensuite réuni les participants autour de l’œuvre « Tyranneaux Paranos » de l’écrivain togolais Ayayi Togoata Apédo-Amah. Présenté par le Dr N’Biemadi Krouma (MA), ce second roman de l’auteur retrace l’histoire d’Anani, trahi par son frère et livré aux horreurs d’un navire négrier. Les échanges modérés par le Dr Anoumou Amekudji (MC) ont été très nourris entre l’auteur et le public, ce qui témoigne de l’impact profond de cette œuvre traversant les époques, de la période de l’esclavage à nos jours.
Prix littéraire et animations culturelles
Les activités se sont poursuivies l’après-midi par une conversation avec les finalistes du Prix littéraire Komla Messan Nubukpo 2024, suivie de la proclamation et de la remise du prix. Des animations culturelles des clubs d’étudiants ont complété cette première journée.

Vendredi 21 novembre : une journée sous le signe de la création et de la rencontre
La seconde journée de la rentrée culturelle a maintenu le même niveau d’excellence avec une programmation diversifiée. La matinée a été consacrée à deux cafés littéraires de qualité : le premier autour de l’œuvre « La plus belle voix » d’Espoir Agbemelé, présenté et modéré par Pierre Sotodji, et le second dédié à « Alexa KEAS », retraçant la genèse d’un parcours artistique, sous la modération de Dr. Jean Paul Akakpo. L’après-midi a offert un spectacle vivant exceptionnel avec des performances en plein air, dont « Lazaro de Tores » sur l’esplanade de la Maison Baobab, suivie d’une parade de marionnettes géantes à travers le campus. La soirée s’est achevée en beauté avec deux pièces de théâtre présentées sur la scène Bella-Bellow : « Mosaïque » et « Parole d’eau », qui ont captivé un public nombreux et enthousiaste, confirmant ainsi la vitalité de la création artistique étudiante.

La culture au cœur de la formation universitaire
À travers cette rentrée culturelle, la FLLA réaffirme sa mission fondamentale : faire de l’étudiant non pas un simple réceptacle du savoir, mais un contributeur actif de la vie culturelle par la valorisation de ses savoirs endogènes. En inscrivant la culture au cœur de la formation académique, l’Université de Lomé démontre une fois encore son engagement pour une éducation complète, ouverte sur le monde et ancrée dans les réalités africaines.








