La grande salle de la Bibliothèque de l’Université de Lomé a vibré, le vendredi 7 novembre 2025, au rythme des mots et des idées à l’occasion de la Journée internationale de l’écrivain africain (JIEA). Placée sous le thème « Littérature et Intelligence Artificielle », la rencontre a été organisée par l’Association des Écrivains du Togo (AET) avec la participation active des étudiants, enseignants et acteurs du monde littéraire. L’événement a permis de mettre en lumière le rôle central de la littérature dans la construction intellectuelle, morale et sociale du continent africain.
Instituée en 1992, la Journée internationale de l’écrivain africain vise à reconnaître et à valoriser le rôle essentiel des écrivains africains dans la préservation des cultures et la transmission du savoir. L’édition 2025 a accordé une place particulière à la réflexion sur la relation entre la littérature et l’Intelligence Artificielle (IA), un thème d’actualité qui interroge les mutations du monde créatif face aux avancées technologiques.

Les travaux de la journée se sont articulés autour d’une table ronde qui a réuni d’éminentes figures du monde académique et littéraire, parmi lesquelles la professeure Kouméalo Anaté, présidente de l’AET, le Dr Kossi Atchonouglo (MC), et le Dr Kondi Napo Sonhaye (MC), modérateur de la rencontre. L’auteure Yawa Doris Guinhouya a également partagé sa vision de la littérature africaine contemporaine et le rapport entre écriture, identité et innovation.
Le résumé de la Table ronde…
Les discussions ont mis en exergue la place croissante de l’intelligence artificielle dans la création littéraire, tout en appelant à la vigilance quant à la préservation de l’authenticité de la plume africaine. Le thème « Littérature et Intelligence » a ainsi ouvert un dialogue fécond entre technologie et expression artistique, rappelant que la modernité ne doit pas effacer les racines culturelles. Au cours de son exposé sur la création et l’innovation à l’ère de l’IA, Mme Yawa Doris Guinhouya (avec pour nom d’écrivaine Nana Tecla) a évoqué les potentialités créatives de l’IA en ce qui concerne les nouvelles techniques narratives. En ce qui concerne, la professeure Anaté, dans sa communication sur « Question d’éthique et d’esthétique de l’IA littéraire », elle a mis l’accent sur des problématiques telles que l’authenticité, la propriété intellectuelle et la nécessité d’aller vers une décolonisation de l’IA. La troisième communication de la journée a porté sur le sous-thème « Éducation et transmission : l’usage de l’IA dans l’enseignement de la littérature, atouts pédagogiques et risques d’appauvrissement ». Dr Atchonouglo y a mis en valeur l’intérêt de l’IA comme outil d’apprentissage, tout en mettant en garde contre les risques de dépendance et de perte d’esprit critique qu’on peut déceler auprès des élèves et étudiants.

Les moments phares de la célébration…
Un autre moment phare de la célébration de la JIEA 2025 au Togo a été la présentation de l’ouvrage collectif intitulé « Contribution de la littérature à la lutte contre l’extrémisme violent », par Dr Madis Krouma (MA). Ce livre illustre la capacité de la littérature à promouvoir la paix, la tolérance et la cohésion sociale.
La JIEA 2025 a également été l’occasion de rendre hommage à deux grandes figures du monde littéraire togolais, Dieudonné Ewomsan et Koffi Gomez, salués pour leur parcours exemplaire et leur contribution à la vitalité des lettres africaines. La remise de leurs distinctions a constitué le moment le plus émouvant de la journée, suscitant admiration et inspiration parmi les jeunes écrivains présents.

Des réactions qui montrent l’impact de l’IA…
Les étudiants présents à cette célébration ont pu échanger directement avec les auteurs et les panélistes, dans une atmosphère de dialogue intellectuel et de réflexion citoyenne. Ils se sont aussi exprimés sur la célébration de la JIEA à Lomé. Kossiwa Marie-Roselie Djankale, étudiante en deuxième année de droit, a confié que : « L’intelligence artificielle nous aide beaucoup, mais il faut savoir l’utiliser avec discernement. Elle a des avantages si on la maîtrise vraiment. » Pour Akouété Damien Colé, « C’est une très belle initiative. J’ai appris qu’on peut utiliser l’IA dans la création littéraire. On nous a aussi appris comment utiliser l’IA, car il ne s’agit pas seulement de lui poser des questions au hasard, mais de les poser avec précision. » Adadjo-Binder Yawo Espoir, artiste plasticien et cinéaste, pour sa part, estime que : « L’IA, c’est comme un enfant : si on l’entoure d’amour et d’éducation, il grandira pour en donner à son tour. »

La célébration de la JIEA 2025 a donné l’occasion aux organisateurs de réaffirmer leur volonté de renforcer la collaboration entre écrivains, universitaires et étudiants, afin de bâtir une littérature africaine vivante, critique et ouverte également sur le monde numérique. La Journée internationale de l’écrivain africain à l’Université de Lomé s’impose ainsi comme un espace de réflexion, de partage et de célébration du génie créateur africain, confirmant la vitalité et l’avenir prometteur de la littérature togolaise.








