L’Équipe de Recherche sur les Langues Africaines en Mutation (EReLAM) de l’Université de Lomé, en collaboration avec l’Association des Interprètes de Conférence du Togo (AICT), a organisé ce mardi 30 septembre 2025, au Centre international de langues de Lomé (CI2L), une conférence-débat marquant la Journée internationale de la traduction. Placée sous le thème « Traduction, façonner un avenir auquel vous pouvez faire confiance », la rencontre a réuni enseignants-chercheurs, traducteurs professionnels, étudiants et acteurs institutionnels autour des enjeux contemporains et futurs de la traduction.
La Journée internationale de la traduction, célébrée chaque 30 septembre dans le monde, constitue une occasion majeure pour les universités de promouvoir une réflexion critique sur les pratiques de la traduction et leur impact sur la société. Dans un contexte marqué par les transformations sociales, numériques et écologiques, la traduction apparaît comme un champ stratégique de formation, de recherche et d’engagement citoyen.

Dans son rôle de médiation linguistique et culturelle par excellence, la traduction ne se limite pas à un transfert d’informations d’une langue à une autre. Elle participe à la construction des représentations, à la circulation des savoirs et à la reconnaissance des identités culturelles, contribuant ainsi au rapprochement entre peuples et disciplines.
La conférence-débat visait notamment à : analyser les enjeux actuels et futurs de la traduction dans un contexte de mondialisation et de plurilinguisme ; mettre en lumière le rôle de la traduction dans la diffusion des savoirs et des cultures ; valoriser la traduction comme outil de médiation interculturelle et de résolution des conflits ; renforcer l’intérêt académique et professionnel des étudiants et chercheurs pour la discipline ; favoriser le dialogue entre traducteurs, enseignants, chercheurs, étudiants et acteurs institutionnels. Organisée pour la première fois entre l’équipe de recherche EReLAM et l’AICT, cette conférence-débat sur la traduction suscite un vif intérêt pour les chercheurs. Le 1ᵉʳ vice-doyen de la Faculté des Lettres, Langues et Arts (FLLA), Dr Koffi M. L. Molley, Maître de Conférences en attend des résultats concrets à même de propulser la recherche universitaire et contribuer davantage à la professionnalisation de ce domaine : « Par les problématiques qui seront évoquées, nous voudrions, à la suite de ces travaux, qu’il en ressorte des théories directement applicables, et c’est pour cela que je voudrais insister sur la méthodologie, la démarche et sur les résultats qui serviront de théories », a-t-il déclaré.

Quatre grands axes de réflexion ont structuré les échanges : Traduction et confiance interculturelle : construire des ponts entre les peuples ; Traduction et devenir professionnel : un métier en évolution face à l’intelligence artificielle ; Traduction et diffusion des savoirs : garantir l’accès universel à la connaissance ; Traduction et éthique : vérité, fidélité et responsabilité dans un monde globalisé.
Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation, Dr Akponi Tarno, a rappelé l’importance de la traduction comme vecteur de culture, de confiance et de développement. « Nous espérons que les échanges de cette conférence inspireront de nouvelles perspectives et renforceront l’engagement envers la traduction comme outil d’unité », a-t-il souligné.
Le représentant de l’AICT, M. Laurent Adalbert, a, quant à lui, insisté sur les défis que pose l’intelligence artificielle à la profession. Tout en reconnaissant son apport technique, il a invité à miser sur la créativité humaine pour maintenir la dimension éthique et interculturelle de la traduction : « Abordons ces défis avec ingéniosité plutôt qu’avec peur », a-t-il déclaré.

Le 1ᵉʳ vice-doyen de la FLLA a rappelé que la traduction est un levier incontournable de diffusion des savoirs, citant l’exemple du roman Things Fall Apart de Chinua Achebe, traduit en plus de 30 langues, qui illustre la portée universelle d’une œuvre traduite. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’une traduction, mais aussi d’une appropriation préalable de l’œuvre par le traducteur afin de lui trouver la meilleure traduction possible. « Peut-on traduire sans interpréter ? » Interrogea-t-il, pour illustrer sa position, avant d’ajouter : « il y a une façon de traduire les titres et cela peut faire varier le sens ».
Au-delà de son rôle académique et professionnel, la traduction est un facteur de paix, de coopération et de développement durable. Si l’intelligence artificielle transforme aujourd’hui la pratique du métier, elle ne saurait remplacer l’intervention humaine, indispensable pour garantir la fidélité, la responsabilité et la confiance interculturelle.

À travers cette célébration, l’Université de Lomé et ses partenaires ont affirmé leur volonté de renforcer la place de la traduction comme outil de médiation, d’apprentissage et de construction d’un avenir commun.


