L’Université de Lomé, à travers l’Equipe des Etudes Anglophone (2EA), a accueilli les 3 et 4 juin 2026 une soixantaine de communicants en présentiel et en ligne. Venus du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Sénégal, du Maroc, de la RDC, de la France et du Canada, ces chercheurs et experts ont débattu sur le thème « les humanités numériques et les défis de l’émergence africaine ».
La cérémonie d’ouverture s’est tenue le 3 juin 2026 à la salle de conférence de WASCAL. Le Professeur Amegnona AGBONON, représentant pour la circonstance le Président de l’Université, Professeur Kossivi HOUNAKE, a souligné que l’Afrique ne peut plus se contenter d’être une simple consommatrice passive des outils technologiques standardisés souvent conçus ailleurs ; mais qu’elle doit participer activement à la production de ses propres plateformes et archives. « Que ce colloque soit une contribution de l’Université de Lomé à cette Afrique qui ne veut pas seulement consommer le numérique, mais le penser, le maîtriser et l’orienter vers son émergence. » a-t-souhaité.
Le temps fort de cette première journée, la conférence inaugurale de Dr Jacqueline Cofield (Fulbright), a attiré l’attention sur la valorisation des savoirs africains dans l’espace numérique mondial. « Ce qui n’est pas préservé devient difficile à enseigner, ce qui n’est pas consultable devient difficile à trouver, ce qui n’est pas numérisé échappe à la mémoire, et ce dont on ne se souvient pas devient difficile à imaginer », a-t-elle affirmé, avant d’exhorter les participants à prendre conscience du fait que la numérisation ne doit pas se focaliser uniquement sur la technique ou les bases de données, mais doit d’abord servir à consolider les relations humaines.
Pendant deux jours, les participants ont analysé les opportunités liées à l’intégration du numérique dans les sciences humaines et sociales et son apport au développement du continent. Les thématiques abordées incluent l’intelligence artificielle, la préservation des savoirs africains, la citoyenneté numérique et les transformations pédagogiques.
Dans son allocution de clôture, le Dr. Ebony AGBOH, Maître de Conférences, Directeur des études du CI2L, a relevé la nécessité pour l’Afrique de développer ses propres outils numériques afin de renforcer sa souveraineté scientifique et technologique.
Cette rencontre s’inscrit dans la logique du positionnement de l’Université de Lomé comme acteur majeur du dialogue scientifique en Afrique.







