Les travaux de la 4ème édition du Symposium sur la Phytomédecine, l’Ethnobotanique et l’Ethnopharmacologie pour le Développement durable de l’Afrique (SymPEEDDA IV) ont eu lieu à Tabligbo (Togo) du 26 au 28 novembre 2025. Durant trois jours, les chercheurs, enseignants-chercheurs et praticiens de la médecine traditionnelle ont partagé les résultats de leurs recherches sur des espèces spéciales médicinales agroforestières et à potentialité agrobusiness (ESMAA) de l’Afrique. L’initiative dont le promoteur est le Dr Koffi Koudouvo, maître de conférences à l’Université de Lomé, se tient chaque deux ans au Togo en l’honneur du Prof. François Messanvi Gbeassor. La première édition s’est déroulée en 2020, pour le compte de l’édition manquée de 2019. Pour cette quatrième édition, des participants sont venus de 9 pays dont le Togo parmi les 15 pays du réseau participatif au SymPEEDDA. En prélude à ce colloque, une journée communautaire de réflexion sur l’agroforesterie a eu lieu les 24 et 25 novembre à Ahépé.
Le SympPEEDDA se veut un cadre inédit de valorisation de la recherche africaine en médecine et pharmacopée traditionnelle. Il s’agit de mettre à la disposition des participants aux trois premières éditions et de nouveaux participants potentiels, des espèces végétales médicinales recensées à partir des travaux de ces éditions et d’autres études. L’objectif poursuivi est de contribuer à leurs valorisations phytomédicale, ethnobotanique et ethnopharmacologique au bénéfice des populations des pays participants. Et pour rendre leurs contributions efficaces, chaque participant doit au préalable : choisir une espèce végétale; mener des recherches documentaires sur ladite espèce ; effectuer la collecte des connaissances endogènes sur l’espèce dans son pays ; réaliser des travaux de laboratoire sur les propriétés phytomédicales recueillies sur l’espèce; valoriser en publications scientifiques chaque résultat obtenu ; soumettre les résumés d’articles publiés sur l’espèce choisie pour participer au SymPEEDDA IV avant de prendre une part active aux travaux du colloque. Pour faciliter le choix des espèces, le Comité d’organisation a mis à la disposition des participants, 58 espèces médicinales.

L’initiative vient renforcer la place de la médecine traditionnelle et des plantes en santé publique mondiale. Depuis le lancement de ce symposium en 2020, des thématiques révélatrices de son importance ont été abordées : « Valorisation de la Phytomédecine par le CERFOPLAM : Partenariats, Bilans et Perspectives » (édition 1) ; « L’Afrique face au nouveau défi des maladies émergentes et réémergentes dont le VIH/SIDA et la COVID-19, pour le développement durable : rôle de la Phytomédecine et de l’Ethnopharmacologie » (édition 2) et « Socio-anthropologie, Communication et Droits de propriété intellectuelle dans l’exercice de la Médecine traditionnelle » (édition 3). Cette quatrième édition s’est tenue sur le thème : «Valorisation des espèces médicinales particulières pour la promotion de la pharmacopée africaine».
Sous la conduite du Comité d’organisation présidé par le Prof. Komlan Batawila, 1er vice-président de l’Université de Lomé, les travaux de cette quatrième édition modérée par le Prof. Kou’santa Amouzou, ont démarré par une cérémonie officielle et une conférence inaugurale prononcée par le Prof. Marra Dourma de l’Université de Lomé, sur le thème «Plantes médicinales et changements climatiques : Actions à mener pour leur conservation et préservation de la menace de disparition ». Les travaux de la première journée se sont poursuivis par des conférences thématiques et des communications sur l’ethnobotanique et les plantes médicinales. La deuxième journée a connu de nouvelles conférences thématiques et des communications orales sur les sous thématiques de la quatrième édition. A la fin des travaux, en plus de la conférence inaugurale, il est à noter : cinquante-trois participants dont 14 en ligne et 29 en présentiel, vingt-deux communications sur les 27 enregistrées puis 5 conférences thématiques sur six.
Ce symposium est une expression concrète de l’apport de la recherche africaine au développement et au bien-être des populations à travers des résultats précis et tangibles. Ces résultats seront inscrits dans un futur processus de Recherche Action-Développement avec le soutien de la Fondation Messanvi Gbéassor de Recherche-Action pour le Développement durable de l’Afrique (FOMGRADA), partenaire financier exclusif de cette édition, pour l’organisation des éditions prochaines. Ces éditions futures se feront avec le soutien régalien institutionnel du Laboratoire de Botanique et d’Ecologie végétale (LBEV), du Laboratoire des Sciences biomédicales, alimentaires et de Santé environnementale (LaSBASE) de l’Université de Lomé et celui des Institutions universitaires étrangères.

