L’Université de Lomé a accueilli, le mercredi 26 novembre 2025, une conférence majeure sur le thème : « La télédétection, cartographie par drones, agriculture de précision et les opportunités ». Organisée dans la Salle Prof. Ahadzi-Nonou, la rencontre a réuni enseignants-chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels, sous la présidence du professeur Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé. La rencontre a été modérée par le professeur Tchaa Boukpéssi, directeur adjoint du laboratoire LTAG.
Dans ses mots introductifs, le président de l’Université a présenté le contexte et le conférencier, le professeur Anicet Gabriel Kotchofa, figure de référence en diplomatie, en éducation et en technologies spatiales. Ancien ambassadeur du Bénin en Russie, ambassadeur de l’éducation et des sciences russes, président du groupe IFE et académicien de l’Académie russe des sciences pétrolières, il coordonne aujourd’hui plusieurs programmes internationaux en intelligence artificielle, télédétection et géomatique. Son riche parcours, a souligné le président Hounaké, témoigne du sérieux et des ambitions portées par cette conférence, qui s’inscrit dans la dynamique actuelle de modernisation scientifique de l’Université de Lomé.

Technologies spatiales : des outils stratégiques pour l’Afrique
Au cœur de son exposé, le professeur Kotchofa a insisté sur l’importance croissante de la maîtrise des données spatiales dans le développement des pays. Présentant les activités du groupe IFE, un consortium spécialisé dans les technologies spatiales, les systèmes de télédétection et la formation de spécialistes, il a décrit les satellites, les drones, les capteurs et les logiciels d’analyse comme des instruments capables de transformer les politiques publiques.
Selon lui, « aucune activité moderne — agriculture, sécurité, urbanisme, environnement — ne peut aujourd’hui se passer des drones ou de la télédétection ». Il a illustré ses propos par des exemples concrets, notamment dans le suivi du changement climatique, la prévention des inondations, la surveillance des forêts, l’identification des gisements miniers, ou encore la cartographie urbaine.

Il a également attiré l’attention sur la croissance exponentielle des satellites en orbite : « En 2019, on comptait environ 800 satellites. En 2024, plus de 2 000. En 2030, ils seront près de 4 000. L’Afrique — qui ne possède qu’une soixantaine de satellites — ne peut pas rester spectatrice de cette révolution technologique », a-t-il indiqué.
Un centre technologique et éducatif annoncé pour l’Université de Lomé
Le point central de la conférence était l’annonce officielle de la création d’un Centre technique et éducatif dédié aux drones, satellites et données géospatiales au sein de l’Université de Lomé. Ce centre permettra aux étudiants de travailler sur des données réelles, de piloter des drones professionnels, de réaliser la cartographie de villes et de campus, et de participer à des programmes internationaux de télédétection. « Nous voulons que les étudiants togolais manipulent les mêmes outils que leurs homologues de Moscou ou de Shanghai », a affirmé le professeur Kotchofa.

Il a annoncé que ce centre, déjà en phase d’organisation, sera opérationnel au premier semestre 2026, grâce à un mémorandum de coopération qui sera signé entre l’Université de Lomé et plusieurs institutions russes. Ce futur centre permettra non seulement d’équiper les laboratoires, mais aussi de mettre en place un système de formation continue des enseignants et d’identification des meilleurs étudiants, qui pourront bénéficier de stages avancés en Russie.
Par ailleurs, le conférencier a également annoncé la création d’un Centre d’apprentissage gratuit de la langue russe à l’Université de Lomé. Ce centre répond à un fort engouement observé dans plusieurs pays africains où il a déjà été implanté, témoignant de l’intérêt croissant des étudiants pour les opportunités académiques et professionnelles offertes par la Russie dans les domaines scientifiques et technologiques.

Un débat riche : curiosité, questions et révélations
À la suite de la présentation, un échange nourri a eu lieu entre le conférencier et les étudiants. Plusieurs questions ont porté sur les débouchés professionnels, les compétences nécessaires pour piloter un drone, ainsi que sur l’accès aux données spatiales. Le débat a également permis aux participants de comprendre la portée réelle de la télédétection dans le secteur agricole togolais et les opportunités de recherche en géomatique.

Un tournant pour la formation scientifique à l’Université de Lomé
En clôturant la rencontre, le professeur Kotchofa a chaleureusement salué la discipline et l’attention des étudiants présents : « Vous êtes une jeunesse admirable et disciplinée. Avec ce que nous lançons ensemble, vous avez les moyens d’être parmi les leaders africains des technologies spatiales. »
Avec cette conférence et les projets structurants annoncés, l’Université de Lomé confirme sa volonté de s’ériger en pôle d’innovation scientifique, ouvrant de nouvelles perspectives de formation, de recherche et d’employabilité pour ses étudiants. Cette initiative marque une étape décisive dans la construction d’un écosystème technologique national capable de répondre aux défis environnementaux, agricoles et sécuritaires du pays et du continent.





