Le Centre d’Études et de Recherches sur les Organisations, la Communication et l’Éducation (CEROCE) a effectué sa rentrée scientifique, le vendredi 14 novembre 2025, au centre CI2L de l’Université de Lomé. Cet événement académique de haut niveau a réuni enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants autour d’une conférence inaugurale sur le thème « Les SIC décoloniales », prononcée par Dr Marième Pollèle Ndiaye, maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).
La rencontre a débuté par l’intervention de la directrice du CEROCE, la professeure Kouméalo Anaté, qui a dressé un bilan éloquent des réalisations du centre. Elle a notamment souligné la publication de trois ouvrages collectifs majeurs portant sur l’ethnicité au Togo, le vivre-ensemble et les médias togolais. Elle a mis en avant les progrès significatifs de la revue scientifique EDUCOM, actuellement en processus de reconnaissance et d’indexation. « Notre revue se développe désormais en version numérique et papier, avec un projet de site internet en cours de réalisation », a-t-elle précisé, tout en encourageant les doctorants à s’impliquer activement dans cette aventure éditoriale qu’elle qualifie « d’extraordinaire ».

La directrice a également salué les récents succès académiques du centre, avec cinq inscriptions aux grades du CAMES depuis 2021, avec la nomination de quatre maîtres de conférences entre 2022 et 2025 et un professeur titulaire en 2021. « Ce renforcement du corps enseignant améliore considérablement notre capacité d’encadrement des thèses et ouvre la voie à une recherche plus collective et ambitieuse », a-t-elle affirmé.
Une reconnaissance institutionnelle de l’excellence académique
M. Atalaèsso Bokobana, représentant le directeur de la Recherche et de l’Innovation (DRI), a salué le dynamisme et l’innovation du CEROCE, classé parmi les trois meilleures structures de recherche de l’Université de Lomé. « La régularité et la qualité des productions scientifiques du centre en font un modèle à suivre », a-t-il affirmé. Il a aussi annoncé le projet de création d’une plateforme numérique unifiée pour l’ensemble des revues scientifiques de l’université, visant à renforcer leur visibilité et leur impact international.

Les SIC décoloniales : une nécessaire refondation
Au cœur de cette rentrée, la conférence du Dr Marième Pollèle Ndiaye a offert une réflexion profonde et novatrice sur la décolonisation des Sciences de l’Information et de la Communication en Afrique. La chercheuse sénégalaise en séjour de recherche à Lomé a structuré son intervention autour de trois moments clés : anticolonial, postcolonial et décolonial. S’appuyant sur les travaux de penseurs tels qu’Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Saïd ou encore Aníbal Quijano, elle a montré la nécessité de déconstruire l’héritage colonial dans les pratiques académiques et pédagogiques.
« Il s’agit de déconstruire l’héritage colonial dans la production et la diffusion des savoirs, et de refonder les SIC à partir des réalités, des langues et des épistémologies africaines », a expliqué Dr Ndiaye. Parmi les pistes concrètes proposées, la conférencière a plaidé pour l’intégration des langues africaines dans l’enseignement, le développement de réseaux scientifiques Sud-Sud et la création de revues ancrées dans les défis communicationnels du continent. « Le projet décolonial vise à construire une alternative épistémique qui reconnaisse la valeur des savoirs endogènes », a-t-elle insisté.

Perspectives et engagements futurs
La cérémonie s’est achevée par un cocktail de clôture durant lequel ont été honorés les membres du CEROCE inscrits sur les listes d’aptitude du CAMES depuis 2021. Ce moment convivial et symbolique témoigne de l’esprit de collégialité et d’excellence qui caractérise cette structure de recherche universitaire.
Le CEROCE, laboratoire d’une science africaine renouvelée
En plaçant la décolonialité au cœur de sa rentrée scientifique 2025, le CEROCE démontre son rôle pionnier dans le renouvellement des paradigmes scientifiques en Afrique. Ce centre de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Lomé, dédié à l’étude des dynamiques organisationnelles, communicationnelles et éducatives dans les contextes africains, s’est imposé comme un espace intellectuel essentiel pour la production de savoirs scientifiques ancrés dans les réalités sociétales du continent.

Par son engagement en faveur d’une recherche socialement responsable, épistémiquement libre et académiquement excellente, le CEROCE incarne la vision d’une université africaine résolument tournée vers l’avenir. L’Université de Lomé peut s’enorgueillir d’abriter un tel creuset d’intelligence et d’innovation, qui participe activement à l’émergence d’une pensée communicationnelle africaine, féconde et fière de son identité, tout en articulant recherche fondamentale et applications pratiques au service du développement durable.


