La salle de conférence du Centre d’Excellence Régional sur les Sciences Aviaires (CERSA) de l’Université de Lomé a abrité, les 12 et 13 février 2026, un atelier d’envergure consacré à l’initiative IWAVE (Integrated Water Availability Assessment), portée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). Cette rencontre de deux jours, qui réunit experts internationaux, décideurs nationaux, chercheurs et techniciens du secteur de l’eau, vise à doter le Togo d’outils scientifiques de pointe pour évaluer et gérer durablement ses ressources en eau.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le professeur Komlan Batawila, 1er vice-président de l’Université de Lomé, a été marquée par trois allocutions successives traduisant la force du partenariat entre le Togo et l’AIEA. Dans son mot de bienvenue, le colonel Mazama-esso Tchaou, Agent national de Liaison du Togo auprès de l’AIEA, a salué la présence des experts internationaux dont l’expertise en hydrologie isotopique constitue un atout précieux pour notre pays. Il a rappelé que le Togo a été officiellement sélectionné en novembre 2025 pour bénéficier du projet IWAVE, soulignant que « cette sélection est le résultat non seulement d’un engagement constant de notre pays en faveur de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires, mais aussi de la qualité du travail scientifique accompli par les experts togolais ». Il a également salué la signature, le 9 février 2026 à Vienne, du Programme-Cadre national de Coopération 2026-2031 entre le Togo et l’AIEA, qui place le domaine « Eau et Environnement » au cœur des priorités nationales.

M. Koumayi Assoutom, conseiller technique, représentant le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, a exprimé la gratitude du gouvernement togolais à l’AIEA et insisté sur l’élection du Togo au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour le mandat 2026-2027, une reconnaissance diplomatique majeure qui témoigne de la crédibilité de notre pays sur la scène internationale. « Sous l’impulsion de Son Excellence le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo a engagé des réformes ambitieuses pour assurer la sécurité hydrique et ambitionne d’atteindre un taux de desserte de 100 % en eau potable à l’horizon 2030 », a-t-il déclaré, avant d’exhorter l’ensemble des acteurs techniques à s’engager pleinement dans une démarche de rigueur, de partage de données et de co-construction.
Le professeur Komlan Batawila, s’exprimant au nom du président de l’Université de Lomé, a salué « la bonne collaboration entre l’Université de Lomé et le ministère de l’Eau, qui a permis de renforcer la connaissance des ressources en eau du bassin sédimentaire côtier du Togo à travers le Projet d’Amélioration de la Sécurité Hydrique en Milieu Urbain (PASH-MUT) ». Il a souligné les retombées concrètes du partenariat avec l’AIEA pour l’Université de Lomé : mise à disposition d’équipements scientifiques de pointe, renforcement des capacités du personnel universitaire à travers des formations spécialisées, attribution de bourses de master et de doctorat au profit des étudiants togolais. « L’intégration des données isotopiques dans les évaluations IWAVE améliore considérablement la connaissance des aquifères, de leur dynamique et de leur vulnérabilité », a-t-il souligné, avant de déclarer officiellement ouvert l’atelier.

Des travaux techniques intenses sur deux jours pour élaborer la Feuille de route nationale
Dès l’ouverture de la première journée, les participants ont entamé des travaux techniques structurés autour d’un programme dense et méthodique. La Direction des Ressources en Eau (DRE), par la voix de M. Kolani, a présenté un état des lieux exhaustif des ressources en eau au Togo, exposant les défis majeurs liés au changement climatique, à la pression démographique et aux besoins croissants en eau potable et agricole.
Le temps fort de la matinée a été l’exposé des experts de l’AIEA sur la méthodologie IWAVE. Les professeurs Kamei Zouari de Tunisie et Seifu Kebede Gurmessa d’Éthiopie, ont démontré, exemples à l’appui, comment l’utilisation des isotopes de l’eau permet de tracer l’origine des eaux souterraines et de surface, de déterminer leur âge et leur renouvellement, et d’identifier avec précision les processus de recharge et de pollution. Cette approche scientifique innovante, appelée à être intégrée au Système intégré d’Information sur l’Eau (SIIEau) prévu cette année, constitue un saut qualitatif majeur pour la gouvernance du secteur.

L’après-midi du jeudi a été consacré à des travaux en commissions. Répartis en groupes thématiques, les participants nationaux – représentants des ministères techniques, chercheurs de l’Université de Lomé, ingénieurs des sociétés d’eau et acteurs de la société civile – ont analysé en profondeur les axes stratégiques d’IWAVE, identifié les lacunes hydrologiques prioritaires et formulé des propositions concrètes pour l’élaboration de la matrice nationale des besoins.
La seconde journée, vendredi 13 février, a été entièrement dédiée à la consolidation et à la validation des documents cadre. Les participants ont examiné la version consolidée du document IWAVE pour le Togo, fruit des échanges de la veille. Après des discussions approfondies et l’intégration des derniers amendements, le document a été officiellement adopté en séance plénière en fin de matinée. Cette feuille de route nationale, première du genre, servira désormais de référence pour toutes les interventions futures en matière d’évaluation et de gestion intégrée des ressources en eau au Togo.

L’Université de Lomé, pivot de l’expertise nationale en gestion durable de l’eau
En accueillant et en participant activement à cet atelier stratégique de deux jours, l’Université de Lomé confirme son rôle de partenaire scientifique de premier plan dans la mise en œuvre des politiques publiques de gestion des ressources naturelles. Le partenariat historique avec l’AIEA, concrétisé par des équipements de pointe, des formations spécialisées et des parcours de formation pour étudiants et chercheurs, porte aujourd’hui ses fruits : une nouvelle génération d’hydrologues et de jeunes chercheurs togolais maîtrise désormais les techniques isotopiques les plus avancées. L’initiative IWAVE, qui aboutit à une feuille de route nationale validée par l’ensemble des acteurs, ancre durablement la science au cœur de la décision publique. En conjuguant excellence académique, coopération internationale et volonté politique, le Togo se dote des moyens nécessaires pour garantir à ses populations une eau en quantité et en qualité, contribuant ainsi à la réalisation des Objectifs de développement durable et à la construction d’un avenir résilient et prospère.





