Le Palais des Congrès de l’Université de Lomé a servi de cadre, ce lundi 9 mars 2026, à la cérémonie solennelle d’ouverture de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) autour du thème : « Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ». Durant quatre jours, Lomé accueille plus de 1 000 scientifiques provenant de quinze pays de l’espace CAMES ainsi que de plusieurs partenaires internationaux, venus notamment d’Allemagne, de France, du Canada, du Nigéria et de l’Éthiopie.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre de l’Éducation nationale, M. Mama Omorou, représentant le président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé. Elle a connu la présence de nombreuses personnalités, notamment la présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Dre Diaka Sidibé, le secrétaire général du CAMES, le professeur Souleymane Konaté, des membres du gouvernement, des représentants d’institutions régionales et internationales, ainsi que les premières autorités des universités publiques du Togo, les professeurs Kossivi Hounaké et Prénam Houzou-Mouzou.

Dans son allocution, la gouverneure du District autonome du Grand Lomé, madame Kassah-Traoré, a souligné que l’accueil des 7èmes Journées scientifiques du CAMES (JSDC-7) confère à Lomé « une dimension diplomatique et stratégique particulière ». Elle a également rappelé la vision des autorités togolaises en matière de développement fondé sur la connaissance, en ces termes : « Le Togo affirme avec constance sa volonté de faire de la connaissance un levier de transformation structurelle, de stabilité institutionnelle et de rayonnement international ».
Le professeur Essohanam Boko, directeur de la Recherche et de l’Innovation à l’Université de Lomé et président du Comité technique d’organisation des JSDC-7, a salué la forte mobilisation de la communauté scientifique autour de cette rencontre. « Nous sommes particulièrement émus de voir se rassembler, ici et maintenant, la communauté scientifique africaine et ses partenaires internationaux autour d’une vision partagée : celle d’une science qui unit, qui innove et qui transforme durablement nos sociétés», a-t-il déclaré.

Prenant la parole à son tour, le secrétaire général du CAMES, le professeur Souleymane Konaté, a rappelé l’importance historique du Togo dans la construction de l’institution panafricaine. « C’est dans ce même site du Palais des Congrès, il y a plus d’un demi-siècle, en 1972, que la convention portant statut du CAMES et la convention relative à l’équivalence des diplômes d’enseignement supérieur ont été signées », a-t-il souligné.
Faire de la recherche un instrument de développement
Pour le secrétaire général du CAMES, la thématique de cette édition intervient dans un contexte où la contribution de l’Afrique à la production scientifique mondiale reste encore faible. Il a évoqué le fait que « l’Afrique représente près de 18 % de la population mondiale, mais ne contribue qu’à environ 2 % de la production scientifique mondiale », un paradoxe qui appelle à renforcer les politiques de recherche et les investissements dans ce domaine.

La présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Dre Diaka Sidibé, a pour sa part insisté sur la nécessité de faire de la recherche scientifique un instrument stratégique de transformation des économies africaines. Selon elle, les Journées scientifiques constituent « un moment stratégique de réflexion collective et un cadre privilégié pour projeter l’avenir de notre communauté académique ». Elle a également affirmé que la recherche doit permettre de répondre aux défis majeurs auxquels sont confrontés les pays africains, notamment le changement climatique, la sécurité alimentaire, la transition énergétique ou encore la transformation numérique.
Le rôle historique du Togo dans la création du CAMES
Représentant le président du Conseil du Togo, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a rappelé le rôle historique du pays dans la création et la consolidation du CAMES. Selon lui, le choix de Lomé pour accueillir cette édition des Journées scientifiques « revêt une portée symbolique forte : c’est un retour aux sources d’un engagement ancien en faveur de l’intégration du savoir ». Par ailleurs, il a insisté sur l’importance stratégique de la recherche scientifique pour le développement du continent, estimant que l’Afrique se trouve aujourd’hui à un moment décisif de son histoire. « Nous sommes à la croisée des chemins : continuer à dépendre des paradigmes élaborés ailleurs ou reconstruire une souveraineté intellectuelle africaine », a-t-il déclaré.

Durant ces assises, chercheurs, universitaires et décideurs publics échangent sur les moyens de renforcer l’impact de la recherche scientifique dans les politiques de développement et d’accélérer la coopération académique entre les États membres du CAMES. Les travaux devraient également contribuer à la consolidation d’une politique commune de recherche au sein de l’espace CAMES, avec pour ambition de faire de la science, de l’innovation et du savoir des moteurs essentiels du développement durable et de la souveraineté intellectuelle du continent africain.
Pour l’Université de Lomé, qui abrite cette rencontre scientifique majeure, la tenue de ces Journées scientifiques constitue une occasion privilégiée de renforcer sa visibilité académique et de réaffirmer son engagement en faveur de la production et de la valorisation du savoir au service du développement de l’Afrique.










