Dans une atmosphère solennelle, empreinte de reconnaissance, l’Université de Lomé a débuté, ce jeudi 31 juillet 2025, à l’auditorium de l’Institut Confucius, un double événement historique : un colloque international suivi de la remise de mélanges en hommage aux enseignants-chercheurs séniors du département d’histoire et d’archéologie de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’UL. Organisé conjointement par les universités de Lomé et de Kara, en collaboration avec l’Association des historiens et archéologues du Togo (AHAT), cet hommage s’est déroulé sous le thème « Héritage scientifique et reconnaissance : enjeux et défis de développement ».
La cérémonie a réuni des personnalités éminentes, dont des autorités universitaires, des chercheurs, des étudiants ainsi que des familles les dédicataires. Les allocutions du professeur Edinam Kola, doyen de la FSHS, et du professeur Adama Mawulé Kpodar, président de l’Université de Lomé, ont souligné l’importance de cet hommage. Dans son allocution, le doyen Kola a souligné avec émotion que « rendre hommage à ces bâtisseurs de savoirs constitue un acte éminemment scientifique, profondément humain et moralement nécessaire ». Il a particulièrement insisté sur la double portée de cet hommage : « Il s’agit à la fois de saluer le parcours exceptionnel de nos aînés et d’affirmer que la science ne se construit ni dans l’oubli ni dans l’anonymat, mais dans la reconnaissance et la transmission intergénérationnelle ».

Quant au président Kpodar, il a rappelé avec force que « depuis sa création en 1970, le département d’histoire s’est imposé comme un pilier de l’excellence intellectuelle ». Il a rendu un hommage appuyé à « ces géants qui ont façonné notre institution, notre nation et le champ des sciences historiques et archéologiques », citant notamment les figures emblématiques du département.
Honorer les bâtisseurs du savoir
L’événement a mis en lumière les contributions inestimables des pionniers du département d’histoire et d’archéologie, depuis sa création en 1970. Les professeurs célébrés ont pour noms : Nicoué Lodjou Gayibor, Badjow Tcham, Michel Goeh-Akué, Kodjona Kadanga, Azontowou Senou, Angèle Dola Aguigah, Louis Senyo Adotevi, Zokia d’Almeida-Houndedoke, Kangni Kuevi, Rita Léonardina Wilson de Souza, Ginette Ayélé Ekue, Amouzouvi Akakpo, Martin Adimado Aduayom, Seth Gbedemah, Pierre Ali-Napo, Mathias Aka-Esso Kpowbie, Anoumou Adjangba, Kufoma Barandao, Tchontchonko Nadjombe, Zigan Alihonou, Lucie Tidjougouna, Père Bertin Agbobly-Atayi, Saint-André, Jean-Plia. Vivants ou décédés, leurs travaux ont non seulement formé des générations d’enseignants et de chercheurs, mais ont aussi enrichi la compréhension de l’histoire et du patrimoine togolais et africains.

Les témoignages émouvants des collègues et étudiants ont illustré l’impact profond de ces enseignants-chercheurs. Le professeur Koffi Nutefé Tsigbé a résumé leur héritage en ces termes : « Ils ont été des maîtres exigeants, des mentors bienveillants et des modèles d’intégrité intellectuelle ».
Un ouvrage pour pérenniser la mémoire
La remise des mélanges, ouvrage collectif compilant les contributions scientifiques sur la trajectoire des pionniers et sur les enjeux contemporains de l’histoire, de l’archéologie et des études patrimoniales au Togo et en Afrique a marqué cette cérémonie riche en émotions. Cet ouvrage collectif, présenté par le professeur Assima-Kpatcha, président du comité scientifique, est un hommage durable aux anciens et constitue désormais un document de référence pour les générations futures.

Réflexions sur les défis et perspectives
Le colloque qui s’est ouvert servira de cadre pour des réflexions critiques sur l’avenir du département d’histoire et d’archéologie de l’Université de Lomé. Les ateliers vont aborder des thèmes tels que la diversification des spécialités, le renforcement de l’archéologie et l’intégration de l’histoire de l’art et du patrimoine. Les participants ont souligné la nécessité de relever ces défis pour consolider la position du département comme pôle d’excellence académique.
Une table ronde, animée par des enseignants-chercheurs anciens et nouveaux, ce vendredi 1er août 2025, permettra un dialogue fructueux sur les innovations pédagogiques et les collaborations interuniversitaires. Cette synergie entre les générations incarne l’esprit de continuité et d’innovation qui anime l’Université de Lomé.

Un héritage vivant
Cet hommage ne se limite pas à un regard sur le passé ; il est une invitation à bâtir sur les fondations posées par ces pionniers. Comme l’a affirmé le président Kpodar, « l’héritage intellectuel est une lampe allumée par nos pionniers − elle éclaire le présent et balise nos pas vers l’avenir ».
L’Université de Lomé réaffirme ainsi son engagement envers l’excellence académique, la préservation du patrimoine et la formation des leaders de demain. En célébrant ces figures illustres, elle rappelle que le savoir est un bien commun, dont la transmission est essentielle pour le progrès de la société.

















