L’Université de Lomé, à travers WASCAL (West African Science Service Centre on Climate Change and Adapted Land Use), a accueilli, le mardi 17 février 2026, la cérémonie d’ouverture du premier atelier international consacré à la gestion des pneus usés et en fin de vie ainsi qu’à la responsabilité des producteurs. Organisée en partenariat avec l’Université de Rostock, une institution universitaire allemande, cette rencontre scientifique d’envergure a réuni chercheurs, autorités publiques, partenaires techniques et financiers, acteurs du secteur privé et organisations internationales autour d’un enjeu environnemental et sanitaire majeur.
Dans son discours d’ouverture, le 1er vice-président de l’Université de Lomé, le professeur Komlan Batawila, représentant le président de l’institution, a souligné la portée stratégique de cet atelier dans un contexte marqué par l’intensification des défis écologiques. « Cet atelier est d’une importance capitale à une époque où les enjeux environnementaux, énergétiques et sanitaires redéfinissent les contours de notre avenir collectif », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que le Togo fait face à une accumulation annuelle estimée à 30 500 tonnes de pneus usés, provenant principalement des importations de pneus et de véhicules d’occasion. Cette situation engendre des conséquences préoccupantes pour l’environnement et la santé publique, en raison des pratiques actuelles d’élimination souvent inappropriées. « Nos ruelles sont jonchées de pneus usés, les caniveaux sont bouchés chaque jour ; un pneu est brûlé servant parfois de four de grillade. Cette disposition anarchique pose une véritable question de santé publique et de pollution environnementale », a-t-il affirmé, mettant en lumière les risques liés aux émissions toxiques et à la prolifération de gîtes larvaires favorisant certaines maladies.
Le professeur Batawila a également évoqué des données scientifiques alarmantes relatives aux émissions de particules fines issues de l’usure des pneus, insistant sur la nécessité d’une réponse concertée et fondée sur des preuves scientifiques solides. Prenant la parole à son tour, le directeur de WASCAL, Dr Komi Agboka (MC), a insisté sur l’urgence pour le Togo de se doter d’un cadre réglementaire adapté et de politiques publiques efficaces en matière de gestion écologique des pneus en fin de vie. « Nous ne sommes pas producteurs de pneus, mais nous en sommes importateurs. À ce titre, nous devons prendre des dispositions nationales pour gérer ces pneus de façon écologique et protéger notre environnement », a-t-il souligné.

M. Agboka a précisé que la problématique des pneus usés ne saurait être dissociée du principe de responsabilité élargie des producteurs, impliquant l’ensemble des acteurs de la chaîne, de l’importation à la fin de vie du produit. « Il est essentiel de développer des politiques qui impliquent toute la chaîne, depuis l’importation jusqu’à la fin de vie du pneu », a-t-il ajouté. Dr Agboka a par ailleurs mis en exergue les travaux de recherche menés conjointement avec l’Université de Rostock, dont les résultats contribueront à éclairer la prise de décision publique. « Les études que nous avons conduites permettront au pays de développer des stratégies adaptées pour une gestion responsable et durable », a-t-il précisé.
Au cours des sessions techniques, Mme Mona Maria Narra, doctorante du projet de gestion des pneus usés, a présenté une communication détaillée sur les défis liés à cette problématique au Togo. Son intervention a porté sur l’état des lieux national, l’origine et l’âge des pneus importés, les profils des fabricants, ainsi que les pratiques actuelles d’élimination et leurs impacts environnementaux et sanitaires.

Les données présentées constituent une base scientifique essentielle pour orienter les futures politiques publiques et promouvoir une approche d’économie circulaire, visant à transformer les déchets en ressources valorisables. Le professeur Satyanarayana Narra a, pour sa part, insisté sur l’importance de la coopération internationale et du transfert de technologies afin de renforcer les capacités locales en matière de traitement, de recyclage et de valorisation des pneus en fin de vie. Selon lui, seule une synergie entre recherche, innovation et action politique permettra d’aboutir à des solutions durables.
Clôturant son intervention, le 1er vice-président de l’Université de Lomé a plaidé en faveur de stratégies innovantes et durables : « Il est crucial d’adopter des stratégies telles que l’économie circulaire, qui permet de gérer efficacement les pneus usés tout en leur apportant de la valeur ajoutée. » Il a également lancé un appel à la mobilisation collective : « Que cet atelier soit une plateforme favorisant le dialogue entre chercheurs, décideurs politiques, institutions financières et secteur privé. Ensemble, nous pouvons bâtir durablement un avenir sain dans un environnement sain pour notre pays. »

À travers cette rencontre internationale, l’Université de Lomé réaffirme ainsi son engagement en faveur de la recherche appliquée, de l’innovation scientifique et de la coopération internationale, contribuant activement à la recherche de solutions concrètes face aux défis environnementaux et à l’atteinte des Objectifs de développement durable.




