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Deuxième édition du Colloque international de LaReLLiCCa sur la paix

Deuxième édition du Colloque international de LaReLLiCCa sur la paix

Les objectifs de formation et de recherche de l’Université de Lomé (UL) se traduisent par la quête pour une société juste et respectueuse des droits humains garants de la stabilité sociale. Fort de cette responsabilité, le Laboratoire de recherche en langues, littérature, culture et civilisation anglophones (LaReLLiCCa) de la FLLA organise les 24, 25 et 26 février 2021 un colloque international sur le thème Justice créatrice, droits humains et responsabilité au service de la paix. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce 24 février à l’auditorium de l’Institut Confucius de l’Université de Lomé. Madame la Directrice de cabinet du Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Madame Ama Dzifa Gaméti, en a ouvert les travaux, en présence de la Vice-Présidence de l’UL, Professeur Kafui Kpégba, des Directeurs de cabinets du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et du développement des territoires, et du Ministère des droits de l’homme, de la formation à la citoyenneté, des relations avec les institutions de la République. Etaient également présents des Responsables de structures de recherches de l’UL, des enseignants-chercheurs et chercheurs venus de Kara, d’Afrique, d’Europe, du Canada et des Etats Unis.

Deuxième édition du Colloque international de LaReLLiCCa sur la paix

La conférence inaugurale a été donnée par Monsieur Bilakani Tonyeme, Maître de conférences au Département de philosophie de l’UL sur le thème Justice créatrice, droits humains et responsabilité sociale. Il a d’abord expliqué que la paix est une condition sociale désirée et recherchée par tous avant de relever que malgré cette propension et tous les moyens mis en œuvre par les Nations Unis et les différents Etats, les conflits s’accroissent et s’exacerbent.

colloque flla

Ensuite, le conférencier a présenté la paix dans la dynamique socioculturelle africaine. En analysant les moyens qui permettront d’aboutir à une paix durable en Afrique, Monsieur Tonyeme a décrit une hypothèse de John Rawls qui distingue la paix comme stabilité pour « de bonnes raisons ». Cette hypothèse du philosophe américain Rawls suggère des conditions ou pistes de solution qui s’appuient sur la justice qui devrait être le fondement de toute réflexion politique, et précéder toute décision car elle est réparatrice des torts et préventrice des conflits. Enfin, le présentateur a fait remarquer aux participants et aux invités que la recherche de la paix doit toujours s’inscrire dans la dynamique socioculturelle africaine. Dans cet ordre d’idées, il est nécessaire de revaloriser certaines réalités africaines telles que l’écoute, la négociation perpétuelle qui relèvent du principe dialogique, la recherche de compromis, l’imagination collective d’une solution aux problèmes, la sagesse de ne pas se proclamer seul détenteur de la vérité, le respect de la dignité humaine, et l’association de l’individu au groupe. Ces préceptes rappellent l’idée de l’arbre à palabres très vivace dans les traditions africaines et qui avait permis de consolider la paix durant de nombreuses générations.

 

La deuxième édition de ce colloque sur la paix intervient par souci de cohérence académique et de pertinence sociale. Au total, 124 communications seront présentées par des spécialistes et experts de lettres et sciences humaines qui, contrairement à ce qui est souvent affirmé, ne sont pas des cymbales sonores à convictions indéterminées.

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La littérature a des fonctions dont la substance nourricière est disséminée dans l’être et l’agir humains considérés comme moteur de tout développement et de la paix. La pluridisciplinarité des intervenants garantit la définition claire de la logique conceptuelle et idéologique de la notion de paix et son rôle social pour un monde plus tolérant et plus solidaire. Par ailleurs, les langues peuvent être utilisées comme un moyen de construction et non de destruction. Par exemple, les langues sont utilisées pour former, informer, inviter, fédérer, prier, libérer, et réconcilier. (Halliday, 1985).  Madame Gaméti et Professeur Kpégba ont particulièrement insisté sur le fait que ce colloque contribue à la réalisation des objectifs gouvernementaux et est en harmonie avec le programme national de développement (PND). La paix et le développement ne peuvent être planifiés qu’avec la recherche, le respect des droits humains et une quête pour la cohésion nationale et non avec un esprit de division.

Deuxième édition du Colloque international de LaReLLiCCa sur la paix

La paix commune et communautaire se fonde sur l’autonomie de chacun à participer à la recherche de la paix. La question de la liberté et de la responsabilité devrait être au cœur des préoccupations quotidiennes afin de cerner et résoudre les problèmes et aboutir à la paix durable. Il est donc indispensable de briser le paradigme d’accusation de l’autre en se remettant soi-même en cause. Il faudrait également éviter le mimétisme juridique et judiciaire du monde occidental, éviter une paix « trop savante » qui s’imposerait à tous. Ainsi, la société africaine pourrait réaliser le rêve d’une société bien ordonnée et équitable.