L’auditorium de l’Université de Lomé a accueilli, le mardi 3 février 2026, la conférence nationale de bilan de réalisation duprojet « Cooperation for Holistic Agriculture Innovation Nests in Sub-Saharan Africa » (CHAIN) dans les universités publiques du Togo. Cette rencontre a réuni l’ensemble de l’écosystème de l’innovation agricole : autorités gouvernementales, universitaires, partenaires techniques, entreprises agricole et agroalimentaire et étudiants. Financé par le programme Erasmus+ de l’Union européenne et coordonné par l’Université des sciences appliquées de Weihenstephan-Triesdorf (HSWT) en Allemagne, le projet a pour ambition de transformer l’enseignement supérieur agricole en le connectant aux réalités économiques.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par des discours engageants. Le professeur Agnassim Banito, coordinateur UL de CHAIN-Togo, a souhaité la bienvenue aux participants en présentant le projet comme un « laboratoire de transformation » articulé autour de trois piliers : le renforcement des capacités académiques, l’innovation pédagogique et la création d’écosystèmes fertiles unissant universités et secteur privé agricole et agroalimentaire.

Le professeur Komlan Batawila, 1ᵉʳ vice-président de l’Université de Lomé (UL), représentant le président de l’institution, a salué cette collaboration fructueuse entre l’UL et l’Université de Kara, y voyant la preuve que « la synergie entre les universités publiques togolaises est un levier puissant pour répondre aux défis nationaux ». Il a réaffirmé la volonté de l’UL de s’engager dans une logique d’université entrepreneuriale et innovante.
Le secrétaire général de l’Université de Kara, M. Egbaou Assote, représentant la présidente de l’Université de Kara (UK) à la conférence, a salué cette dynamique collective : « La force de CHAIN réside dans cette alliance concrète entre nos deux universités, le monde économique et nos partenaires internationaux. Le master CTPA n’est pas seulement un nouveau diplôme ; c’est un pont durable entre la connaissance académique et la création de richesses dans nos territoires. L’UK s’engage pleinement à pérenniser et à amplifier ces acquis pour le développement du Togo et au-delà. »

Prononçant le discours d’ouverture officiel, Dr Ama Dzifa Gameti, directrice de cabinet, représentant le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a salué l’initiative, soulignant son alignement parfait avec les priorités gouvernementales pour la souveraineté alimentaire et l’entrepreneuriat agricole. « Votre engagement incarne la vision que porte Son Excellence le président du Conseil pour une jeunesse qualifiée, une agriculture modernisée et une économie transformée », a-t-elle déclaré.
Des réalisations concrètes présentées : formation, recherche et incubation
Une session technique a permis de dresser un bilan tangible et impressionnant des activités menées depuis le lancement du projet en juin 2023. Les équipes de l’Université de Lomé et de l’Université de Kara ont successivement détaillé les avancées dans trois domaines clés.
Le volet renforcement des capacités a connu un succès notable avec la formation de plus de 200 participants, comprenant des enseignants-chercheurs, des étudiants et des professionnels du secteur. Ces formations ont pris la forme de « Crash Courses » sur l’entrepreneuriat agricole, d’ateliers sur l’organisation de hackathons et de sessions spécialisées en Europe, notamment en Allemagne, en Pologne et en Roumanie, axées sur la gestion des chaînes de valeur alimentaires.

L’innovation curriculaire constitue une réalisation majeure avec le développement, l’accréditation et le démarrage effectif du Master en Conservation et Transformation des Produits Agricoles (CTPA), fruit d’une collaboration exemplaire entre l’UL et l’UK. Ce programme professionnel accueille déjà sa première promotion, avec 20 étudiants à Lomé et 15 à Kara.
Par ailleurs, le volet recherche et partenariat économique a été illustré par la présentation de travaux de recherche appliquée par le Dr Dossou de l’École supérieure des techniques biologiques et alimentaires (ESTBA). Le directeur général de l’entreprise partenaire Bio Farm Trading, M. Kofitsè Kpogli, a, quant à lui, exposé le modèle de « Cluster » de son entreprise qui crée de la valeur ajoutée locale en structurant la chaîne autour d’un transformateur.

La parole aux bénéficiaires : étudiants et vision stratégique
Un moment fort a été le témoignage de deux étudiants de la première promotion du Master CTPA, M. Avosse et Mlle Kaboré. Ils ont exposé les raisons qui les ont motivés à intégrer une formation « ancrée dans le concret » et exprimé leur ambition de devenir des acteurs de la transformation agro-alimentaire au Togo.
La présentation de la coordination générale par le Dr Bernd Müller de HSWT en Allemagne a permis de replacer les succès togolais dans la dynamique globale du projet, impliquant également le Nigeria et le Kenya, et d’esquisser les perspectives pour la dernière année du projet. Sa présentation a porté principalement sur l’économie circulaire en lien avec la chaîne de valeurs agricoles. Il a salué l’engagement de tous les partenaires du projet et remercié les partenaires roumains, le professeur Dan Bodescu et le Dr Adrei-Mihai Gafencu de l’Iasi University of Life Sciences (IULS), pour leurs prestations aussi bien à l’UL qu’à l’UK au workshop, et pour leur participation active à cette Conférence nationale CHAIN-Togo.

Un modèle à pérenniser pour l’avenir agricole du Togo
La conférence nationale CHAIN-Togo a pleinement atteint son objectif : faire le bilan, partager les succès et projeter l’avenir. Elle a démontré qu’un partenariat tripartite réussi – entre universités, secteur privé et État, soutenu par une coopération internationale ciblée – est un puissant levier de modernisation.
Les réalisations, comme le Master CTPA co-construit avec les professionnels, les formations hybrides et les premiers liens concrets entre chercheurs et entreprises, jettent les bases d’un écosystème d’innovation durable. Le défi est désormais la pérennisation de ces « nids d’innovation » au-delà du financement Erasmus+. En capitalisant sur cette dynamique, l’Université de Lomé et l’Université de Kara confirment leur rôle central dans la formation des talents et la génération de solutions qui répondront aux enjeux de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement rural au Togo.



