La 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (JSDC-7) s’est achevée, le jeudi 12 mars 2026, au Palais des Congrès de Lomé, après quatre jours d’intenses travaux et de réflexions stratégiques. Placée sous le thème « Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES », cette rencontre historique a réuni plus d’un millier de chercheurs, enseignants-chercheurs, décideurs politiques et partenaires internationaux.
La journée de clôture a débuté par une session plénière consacrée à l’examen et à la validation des rapports issus des travaux des Programmes Thématiques de Recherche (PTR). Le rapport synthétique, présenté par la professeure Aminata Niang Diene, rapporteur général des JSDC-7, a formulé des recommandations visant à renforcer la coopération scientifique et à opérationnaliser une politique commune de recherche dans l’espace CAMES.

La cérémonie solennelle, marquée par le port de la toge académique, s’est déroulée dans une ambiance conviviale et empreinte de reconnaissance. La lecture des motions de remerciements, faite par M. Zakari Liré, rapporteur général adjoint et responsable du Centre de documentation et d’information du CAMES, a mis en lumière les grandes orientations issues des travaux, soulignant l’urgence d’une recherche concertée et ambitieuse face aux défis du continent.
Les femmes chercheures à l’honneur
La cérémonie de clôture a été marquée par un moment particulièrement émouvant et symbolique, celui de la remise des prix aux lauréates des JSDC-7. Conduite par le professeur Kokou Tcharie, président du Comité scientifique, cette phase de la cérémonie a mis à l’honneur quatre chercheures dont les contributions scientifiques ont été jugées exceptionnelles par le jury.

Madame Koffi Cécilia Domingo Espérance, de l’Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), a reçu le prix du meilleur poster en science ouverte. L’Université de Lomé s’est particulièrement illustrée lors de cette cérémonie. Madame Motto Aku Enam a réalisé un exploit remarquable en remportant deux distinctions : le prix de la meilleure communication orale et le prix de la meilleure communication jeune docteur/doctorant, confirmant ainsi la vitalité de la relève scientifique togolaise. Madame Dolaama Bagore Michèle, également de l’Université de Lomé, a quant à elle, reçu le prix de la meilleure communication féminine. Par ailleurs, Madame Traoré Haoua, de l’Université Nazi Boni (Burkina Faso), a obtenu le prix du meilleur poster décerné par la Fondation allemande pour la Recherche (DFG).
Cette reconnaissance témoigne de la vitalité et du rayonnement de la recherche féminine au sein de l’espace académique africain.

Des allocutions qui dessinent l’avenir de la recherche africaine
Prenant la parole, le secrétaire général du CAMES, le professeur Souleymane Konaté, a salué l’engagement des chercheurs et des États membres. Il a souligné l’importance de transformer les résolutions en actions concrètes, rappelant que l’impact de ces assises sera mesuré à l’aune de leur mise en œuvre effective. Il a particulièrement insisté sur l’adoption de la « Déclaration de Lomé », texte fondateur d’une politique commune de recherche pour l’espace CAMES, élaborée depuis Bamako et adoptée lors des JSDC-7.
Le professeur Konaté a également dressé un bilan chiffré de cette édition : 903 communicateurs dont 102 en ligne, et plus de 1076 participants venus des pays de l’espace CAMES, d’Allemagne, de France, du Canada, du Nigéria et d’Éthiopie. Il a chaleureusement remercié les partenaires techniques et financiers, notamment la DFG, l’IRD, ASKY, la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, ainsi que la diaspora scientifique africaine pour leur contribution essentielle à la réussite de l’événement.

Représentant le président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, le ministre de l’Éducation nationale du Togo, M. Mama Omorou, a réaffirmé la volonté du pays de faire de la recherche scientifique un levier de développement et de souveraineté intellectuelle. Il a exprimé sa gratitude au CAMES pour la confiance témoignée au Togo en abritant les JSDC-7 et la 16ème réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général (CCG), et a salué l’engagement du comité local d’organisation, des panélistes et de l’ensemble des participants. Il a insisté sur la nécessité de faire de la Déclaration de Lomé le point de départ d’une nouvelle dynamique, invitant à transformer les idées en actions et les engagements en politiques publiques concrètes.
Les décorations des Palmes académiques du CAMES
La cérémonie a également été marquée par la décoration de plusieurs personnalités dans l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES (OIPA/CAMES), sous la conduite du professeur Ali Doumma, directeur des Programmes du CAMES en charge des CCI, des Concours d’agrégation et de l’OIPA/CAMES.

Neuf personnalités issues du Togo, du Bénin, de l’Allemagne et de la France ont été honorées pour leurs contributions remarquables à l’enseignement supérieur et à la recherche. Parmi elles, le professeur et ancien ministre Edo Kodjo Maurille Agbobli a été élevé au grade de Commandeur. Au nom des récipiendaires, il a exprimé leur gratitude et réaffirmé leur engagement à promouvoir l’excellence académique.
Pour le compte du contingent 2024, les professeurs Magolmèèna Banna de l’Université de Lomé et Abdoul-Samadou Aboubakari de l’Université de Kara ont été faits Chevaliers de l’OIPA/CAMES. Le professeur Padabo Kadouza a également été élevé au grade de Chevalier pour le compte du contingent 2023.

Les présidents des deux universités publiques du Togo, le professeur Kossivi Hounaké de l’Université de Lomé et la professeure Prénam Houzou-Mouzou de l’Université de Kara, ont reçu des distinctions spéciales pour la qualité de l’organisation de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du CAMES et de la 16ᵉ réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général.
Une étape historique pour la recherche africaine
Cette 7ᵉ édition des Journées scientifiques du CAMES marque une étape importante dans la redynamisation de la recherche africaine. L’adoption de la Déclaration de Lomé, la définition d’une stratégie commune articulée autour du Réseau des Directeurs chargés de la Recherche et de l’Innovation (REDRIC), des Collèges d’Écoles Doctorales du CAMES (CEDoC), des Pôles de compétences Recherche, Innovation et Développement (PRIDE-CAMES) et des Programmes Thématiques de Recherche, Innovation et Développement (PT-RID), ainsi que le lancement du CODEX, base d’indexation des revues scientifiques, constituent des avancées majeures.

Comme l’a souligné le secrétaire général du CAMES en citant Nelson Mandela : « Une vision qui ne s’accompagne pas d’actions n’est qu’un rêve. Une action qui ne découle pas d’une vision n’est que du temps perdu. Mais une vision suivie d’action peut changer le monde ». La balle est désormais dans le camp des États, des universités et des chercheurs pour faire vivre cette vision et construire une Afrique plus forte, plus solidaire, plus résiliente et durablement développée par la recherche et l’innovation.
Lomé est restée, le temps de ces assises, le symbole d’une vision partagée : celle d’une science africaine unie, innovante et transformative.
















