L’Université de Lomé a abrité les 10 et 11 mars 2026, la 16ᵉ réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général (CCG) du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Cette rencontre stratégique, qui s’est tenue en marge des 7ᵉˢ Journées scientifiques du CAMES (JSDC-7), a réuni les représentants de douze États membres autour de dossiers cruciaux pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le continent.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée le mardi 10 mars 2026 dans la salle du Conseil de la Présidence de l’Université de Lomé, sous la présidence effective de monsieur le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Togo, le professeur Gado Tchangbedji.

Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné l’importance de cette réunion pour la construction d’un espace académique africain de référence : « Je suis particulièrement honoré de présider cette réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général du CAMES. En ce mois de mars 2026, Lomé a l’insigne privilège d’accueillir les éminentes personnalités académiques que vous êtes, venues des quatre coins de l’espace CAMES, pour délibérer ensemble sur des dossiers d’une importance capitale pour l’avenir de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. » Il a également rappelé l’engagement du Togo en faveur de la recherche, avec des investissements majeurs sur les campus de l’Université de Lomé et de l’Université de Kara, ainsi que la construction prochaine d’une troisième université publique à Datcha, dans la région des Plateaux.
Prenant la parole, le professeur Gérard Gresenguet, président par intérim du CCG, a exprimé la gratitude des membres du Comité aux autorités togolaises : « Permettez-moi d’exprimer la profonde gratitude de tous les membres du Comité Consultatif Général ici présents, à S.E.M. Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, pour l’accueil chaleureux et convivial qui a été réservé à cette réunion statutaire de notre Institution. L’hospitalité — l’une des plus belles traditions de ce pays — est pour nous un encouragement et un honneur. »

Le professeur Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé, a pour sa part souligné la relation historique qui lie son institution au CAMES : « L’Université de Lomé entretient avec le CAMES une relation ancienne et structurante. Depuis sa création le 14 septembre 1970, cette université n’a cessé de participer activement à cette communauté académique. Les concours d’agrégation du CAMES ont contribué à la formation et à la consécration de la majorité de notre corps professoral. »
Enfin, le professeur Souleymane Konaté, secrétaire général du CAMES, a salué la solidarité togolaise qui a permis la tenue de cette réunion dans des délais contraints : « Je tiens sincèrement à saluer cette marque de solidarité spontanée et d’engagement politique et institutionnel sans faille de nos autorités académiques togolaises. La présence à cette cérémonie de Monsieur le Ministre délégué est un témoignage éloquent de ce soutien inconditionnel que le Togo ne cesse d’apporter à notre Institution commune. »

Des travaux au cœur des enjeux stratégiques du CAMES
Durant deux jours, les membres du CCG, représentant douze des dix-neuf pays de l’espace CAMES, ont examiné des dossiers d’une importance capitale pour la vie et l’avenir de l’Institution.
Bilan des programmes statutaires
Les travaux ont débuté par l’examen des activités récentes du CAMES. Les membres du CCG ont procédé à l’analyse approfondie du 22ᵉ Concours d’agrégation des Sciences Juridiques, Politiques, Économiques et de Gestion (SJPEG), en évaluant la diversité des profils des candidats ainsi que la répartition géographique des lauréats à travers l’espace CAMES. La 47ᵉ session des Comités Consultatifs Interafricains (CCI) a ensuite retenu l’attention des participants, avec un examen minutieux des recours enregistrés et la validation des résultats obtenus. Les travaux se sont également penchés sur le Programme de Reconnaissance et d’Équivalence des Diplômes (PRED), avec l’approbation des résultats de la session spéciale 2024 et de la 40ᵉ session 2025, consolidant ainsi le dispositif d’assurance qualité au sein des institutions membres.

La stratégie de redynamisation de la recherche
L’un des moments forts de la réunion a été la présentation et l’examen approfondi de la stratégie de redynamisation de la recherche dans l’espace CAMES, élaborée lors de l’atelier de Bamako en janvier 2026. Cette stratégie ambitieuse a été déployée autour de plusieurs leviers complémentaires soigneusement articulés. Les membres du CCG ont examiné en premier lieu le projet de Déclaration de politique commune de la recherche et de l’innovation, destinée à harmoniser les visions nationales au sein d’un cadre cohérent à l’échelle communautaire. Ils ont ensuite analysé la mise en place du Réseau des Directeurs chargés de la Recherche et de l’Innovation (REDRIC), conçu comme un outil opérationnel de coordination et d’échange de bonnes pratiques. La création des Collèges d’Écoles Doctorales du CAMES (CEDoC), a également été au cœur des débats, ces structures devant permettre une meilleure mutualisation des ressources et des expertises au service de la formation doctorale. Les participants ont également examiné le dispositif des Pôles de compétences Recherche, Innovation et Développement (PRIDE-CAMES), ainsi que la refonte des Programmes Thématiques de Recherche, Innovation et Développement (PT-RID). Enfin, les discussions ont porté sur les stratégies de valorisation et de financement de la recherche, dimensions essentielles pour garantir l’impact concret des travaux scientifiques sur le développement des sociétés africaines.

Une clôture sous le signe de l’engagement collectif
La cérémonie de clôture, présidée par le professeur Kossivi Hounaké, représentant le ministre délégué de l’Enseignement supérieur, a été l’occasion de la lecture et de l’adoption du rapport provisoire de la réunion. Dans son allocution de clôture, il a salué au nom du ministre la qualité des travaux et l’esprit de co-construction qui a animé les débats.
Le professeur Souleymane Konaté a, quant à lui, exprimé sa satisfaction : « Les différents avis et recommandations qui sortiront de nos travaux seront dûment portés à l’attention du Conseil des Ministres, instance décisionnelle suprême de notre Institution. Je sais pouvoir compter sur votre franchise et vos éclairages avisés dans un esprit de co-construction et d’amélioration continue. »

Des décisions qui façonneront l’avenir de la recherche africaine
Au terme de ces deux jours de travaux intenses, plusieurs décisions majeures ont été adoptées par les membres du CCG. Ils ont procédé à l’approbation officielle des résultats du 22ᵉ concours d’agrégation SJPEG, de la 47ᵉ session des CCI ainsi que des différentes sessions du PRED, donnant ainsi une validation institutionnelle à ces processus académiques majeurs. La stratégie de redynamisation de la recherche a été validée dans ses grandes lignes, assortie de recommandations précises pour son affinement avant sa présentation au Conseil des Ministres. Les membres ont également décidé d’accélérer le processus de création de l’Académie Virtuelle du CAMES, avec un calendrier resserré pour l’adoption des textes organiques. Enfin, les travaux ont permis de finaliser la préparation de la 43e session du Conseil des Ministres, prévue en juin 2026 à Libreville au Gabon, qui examinera l’ensemble des dossiers préparés par le CCG.
Une reconnaissance de la diplomatie académique togolaise
La tenue de cette réunion extraordinaire à Lomé consacre le rôle du Togo comme acteur majeur de la coopération académique en Afrique de l’Ouest et dans l’espace CAMES. Elle illustre également la dynamique de modernisation engagée par l’Université de Lomé, qui se positionne comme un pôle d’excellence capable d’accueillir les plus hautes instances de la gouvernance universitaire africaine.

Le professeur Kossivi Hounaké a tenu à remercier l’ensemble des participants : « Que cette réunion extraordinaire permette d’approfondir notre réflexion collective, de renforcer nos instruments communs et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’enseignement supérieur africain. En consolidant le CAMES, c’est en réalité l’avenir scientifique de l’Afrique que nous construisons. »
La 16e réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général du CAMES restera dans les annales comme un moment clé de la refondation de la recherche dans l’espace communautaire. Les décisions prises à Lomé, notamment l’adoption de la stratégie de redynamisation de la recherche et l’accélération du projet d’Académie Virtuelle, posent les bases d’une Afrique capable de définir ses propres standards d’excellence scientifique et de les faire reconnaître à l’échelle internationale.



